L’organisation d’élections municipales partielles est assimilée à un gaspillage de l’argent public au moment où l’Etat courbe l’échine sous le faix du surendettement et du marasme économique.

Officiellement, deux conseils municipaux ont été dissous, ceux de la mairie de la délégation de Souk Jedid dans le gouvernorat de Sidi Bouzid et du Bardo relevant du gouvernorat de Tunis. Mais  la fièvre de la démission s’est paraît-il emparée de plusieurs conseillers  comme c’est le cas à La Soukra, Ariana, El Ayoun, Kasserine, Thibar et à Béja. Les choses risquent de s’aggraver dans les prochains jours en attendant l’officialisation de la dissolution  d’autres conseils municipaux.

Les raisons évoquées sont presque toutes les mêmes et reviennent comme un leitmotiv marquant cette impossible cohabitation entre les élus des partis politiques. A défaut d’une gouvernance consensuelle qui prend en compte les attentes et aspirations des citoyens, on ne parle aujourd’hui que d’absence de concertation, de communication et de coordination, et de prise de décisions de façon unilatérale.  « Je t’aime, moi non plus », semblent se dire les nouveaux locataires des  mairies issus des dernières élections municipales.

Mais on est en droit de craindre le pire pour  les prochaines élections législatives qui se tiendront le 6 octobre 2019. En effet, l’accélération du rythme des démissions perturbera indubitablement  l’échéance électorale en question. L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) pourrait être appelée à allouer un budget supplémentaire pour l’organisation d’autres élections partielles avec un coût élevé et  la possibilité de voir les mêmes personnes accéder de  nouveau au conseil municipal, comme cela pourrait être le cas au Bardo où les conseillers et la présidente du conseil dissous  se sont portés candidats aux élections municipales partielles prévues le 13 juillet prochain. Un gaspillage de l’argent public au moment où l’Etat courbe l’échine sous le faix du surendettement et le marasme économique. 

Les dernières déclarations du maire de Raoued (Ariana) Adnan Bouasida confirment les lacunes du nouveau code des collectivités locales. Il a pointé du doigt  le gaspillage des fonds publics à travers l’organisation d’élections municipales partielles. De son côté, le président de l’Isie, Nabil Baffoun, avait clarifié récemment, lors de son intervention sur les antennes de Radio Mosaïque, que le coût des élections partielles est estimé à 35 mille dinars à  Souk Jedid, et  92 mille dinars au Bardo, ajoutant que la sollicitation d’un budget supplémentaire n’est pas exclue. Cela ressemble à une histoire loufoque du fait que la majorité des conseillers municipaux  font du surplace et relèguent aux calendes grecques les doléances des citoyens.

Il va sans dire que le fond du problème dépasse de loin la question de la gestion des municipalités, la bonne gouvernance et la cohabitation entre les différents partis politiques au sein des conseils municipaux. Certains observateurs pensent que le ministère de tutelle ne pourra être au four et au moulin et se consacrer aux « affaires locales » et en même temps à « l’environnement », surtout  avec ce très faible taux d’encadrement dans les municipalités.

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