Le Groupe Servicom poursuit son élan pour redresser sa situation financière et compenser ses créances, et ce, en dépit d’une période plus qu’épineuse, écoulée non sans difficulté et endurance.

L’année 2019 avait, rappelons-le, démarré dans un contexte défavorable, marqué qu’il était par les défaillances de l’Etat vis-à-vis de ses fournisseurs, dont le Groupe Servicom. L’Etat doit à ce Groupe plus de 32 MDT, dont 12 MDT sont échus. D’un autre côté, et à cause de l’échec de la levée de fonds prévue suite à l’accord de 2018, le fonds de l’investissement GEM implique audit groupe le paiement d’un montant global de 37,2MDT, ce qui pèse lourd sur la trésorerie et sur la santé budgétaire des sociétés filiales.

Aussi, et pour tenir le coup, le Groupe a-t-il maintenu sa stratégie de redressement en misant sur plusieurs démarches salvatrices. En effet, la concentration de la productivité sur deux activités phares, à savoir la climatisation et les ascenseurs, a été le joker permettant au Groupe de résister à la crise. Par ailleurs, il était nécessaire de se délester des engagements relatifs aux travaux publics et d’œuvrer pour honorer les engagements financiers vis-à-vis des créanciers et des bailleurs de fonds. Des démarches juridiques ont été menées afin « d’assurer les recouvrements des créances envers l’Etat, ainsi que les dommages et intérêts vis-à-vis de GEM ».

Pour ce, le Groupe a pris soin de substituer Servicom IT par Servitra, laquelle société demeure dans une phase d’observation jusqu’à la fin de la présente année. D’un autre côté, il a été indispensable d’actualiser les stratégies propres aux activités climatisation et ascenseurs pour une rentabilité plus imposante, à même d’aider le Groupe à mieux se positionner sur le marché. « Le rééchelonnement de l’emprunt obligataire ‘‘servicom 2016‘‘  et le lancement d’une procédure d’arbitrage contre GEM pour des dommages et intérêts de l’ordre de 60 MDT » constituent des mesures incontournables pour sauver la situation budgétaire.

Pari gagné !

La rentabilité des activités « climatisation et ascenseurs » a été palpable. Le Groupe a gagné son pari en regagnant la confiance de clients d’une grande importance. Grâce à ce choix bien réfléchi, il a gagné des affaires de marges d’intérêt non moindres et a même garanti un carnet de commandes permettant d’entamer l’année 2021 sous de bons auspices. Cette évolution positive a poussé le Groupe à œuvrer pour une meilleure autonomie de financement pour les deux filiales, et ce, en optant pour des crédits de financement de leurs projets. L’amélioration de la note du Groupe auprès de la BCT, ainsi qu’auprès de l’Accord de consolidation avec les banques aussi bien en faveur de la société Servitrade que de Servicom Industrie et le décrochement d’une garantie de l’Etat pour un prêt de 1,5M DT pour résister à la crise liée au Covid-19, garantissent un appui notable pour le Groupe. Ce dernier veille, par ailleurs, au maintien de son partenariat avec Hitachi, à l’assainissement social et fiscal de ses sociétés, au développement de la productivité des équipes, à la stabilisation de son taux de rotation général, qui est passé de 63% en 2018 à seulement 4% en 2020, ainsi qu’à la maîtrise de la charge salariale, réduite de 13,5% au bout de deux ans.   

Les actions de sauvetage portent également sur l’investissement dans la communication. L’objectif étant d’assurer une gestion en temps réel tant des services commerciaux que des activités d’installation et des services après-vente.

Grâce à sa stratégie, le Groupe Servicom est parvenu à hisser son chiffre d’affaires (2019/ 2020). Le chiffre d’affaires au titre de  2019 était de l’ordre de 8,278 MDT. Il est de 7,844 MDT jusqu’au 30 septembre 2020. Le résultat net s’élève à 239 (jusqu’au 30 septembre 2020) contre seulement 164 en 2019.

Cette évolution quoique positive n’exclut aucunement les difficultés récalcitrantes à laquelle se confronte le Groupe : des impayés de l’Etat s’élevant à 15 MDT n’ont pas été sollicités à défaut de moyens. Quant aux dommages et intérêts du fonds GEM, ils se situeraient entre 20 MDT et 33 MDT…

En dépit de sa situation inconfortable, le Groupe ne lâche pas prise. Il ambitionne même, à l’horizon 2024, de hisser sa rentabilité et son chiffre d’affaires de 39%.

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