Le problème de l’entretien et de la maintenance s’est généralisé à tous les secteurs en Tunisie. L’infrastructure routière détient la palme du laisser-aller et de l’incompétence des responsables.

L’état de l’infrastructure en Tunisie laisse à désirer. On ne compte plus les nids de poule, les crevasses, les routes mal bitumées, les ponts chancelants, les barrières de sécurité défigurées et brisées. Un laisser-aller qui laisse perplexe justement. Au fil des ans, on constate une dégradation totale du paysage routier et des autoroutes qui fait peine à voir. Du côté des projets, rien de bien nouveau si ce n’est une infrastructure programmée depuis l’ère du défunt président Ben Ali, comme pour le pôle d’échangeurs au niveau de l’Aéroport Tunis-Carthage.

Les photos et vidéos amateurs pullulent sur les réseaux sociaux pour alerter la population, parfois, sur leur dangerosité. Des images désolantes, accablantes et des constats alarmants sont publiés et transmis sur des statuts. Bien loin du simple compte-rendu esthétique, nos routes sont devenues, pour certaines d’entre elles, impraticables, voire dangereuses. Si on y ajoute l’incivilité des conducteurs sur nos routes, qui prennent tous les risques au volant à force de « zigzags » et coups de volant, le danger devient réel; celui de voir se produire des accidents de la route qui risquent de monter en flèche si rien n’est fait pour changer cette réalité. A croire qu’on attend une énième catastrophe pour réagir, au lieu d’anticiper. On laisse les choses aller jusqu’à l’effondrement et provoquer un drame humain ou un dégât matériel avant de réparer ou de remédier à l’irréparable.

Comme si l’effondrement du système de la santé et de l’éducation ne suffisait pas, voici que l’infrastructure fait des siennes.  La semaine dernière, sur la page facebook et citoyenne « Winou ettrottoir », une image saisissante sur l’état des grillages de sécurité du pont qui longe le boulevard 9-Avril à Bab Saâdoun sous le titre « Chargement de la catastrophe » interpelle. Une charpente en acier fissurée qui menace de s’écrouler saute aux yeux ! Pis encore. D’autres photos de clous qui dépassent la structure en acier d’un pont à Soliman suscitent l’intrigue. Il y a fort à parier que les pneus des automobilistes seront crevés avant de causer des accidents de la route. Le risque est élevé. Tant qu’un individu n’a pas subi le contrecoup de cet état déplorable de l’infrastructure, rien ne sera fait assurément.

Le problème d’entretien et de maintenance s’est généralisé à tous les secteurs en Tunisie. On ne cesse de le crier sur tous les toits, personne n’est entendu !

Florilège des dégâts et bavures

Même les réalisations post-révolution, quand il y en a, ne sont pas exemptes de reproches. La preuve. Une photo d’une fissure de la roche sous l’autoroute Sfax-Gabès a été postée, il y a deux jours à peine. Un témoin a lancé un cri d’alarme : « Travail bâclé, études et réalisation, même s’il s’agit d’un point singulier, attendons tranquillement la survenue de la catastrophe». Les citoyens font face quotidiennement à des risques sur la route dans l’indifférence générale. Il y a des objets métalliques qui traînent sur les chaussées, des clous, des trucs dangereux, si bien que les pneus crevés sont devenus monnaie courante. Cela quand l’accident ne survient pas. Le ministère de l’Equipement doit remédier à la situation rapidement et répondre aux craintes de la population, qui ne sait plus où donner de la tête et de la voix.

Heureusement que certains citoyens sont aux aguets et conscients de l’état déplorable des chaussées et trottoirs en Tunisie. Par leurs témoignages sur le terrain, ils contribuent à avertir l’opinion publique sur la nonchalance des décideurs et l’absence de décisions efficaces à ce niveau.

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