Le compte à rebours est lancé pour une classe politique qui voit ses limites s’exposer et défiler. Sur les défaillances et le gâchis d’un paysage miné par un vide existentiel, se profilent de plus en plus les dessous d’un avenir pas tout à fait rassurant. D’une déception à l’autre, d’un abandon à l’autre, le désarroi des différents acteurs est à la fois inévitable et injustifiable. On se renvoie l’ascenseur, sans qu’une trajectoire, aussi déclinante, ne paraisse soulever une réelle prise de conscience de la part des différentes parties prenantes. C’est la caractéristique de la plupart des hommes politiques d’aujourd’hui. Elle consiste à nier les échecs. On connaît leur slogan et celui de leurs perroquets médiatiques. Mais la destruction du château de cartes illustre bien cette tendance à tromper l’opinion publique.

Il ne s’agit nullement d’un concours de circonstances et le constat est sans appel : dans tout ce qu’ils ne cessent de concéder, dans ce qu’ils ne cessent de gâcher, de manquer et de perdre, ceux qui se sont érigés en décideurs compromettent désespérément leur fiabilité, leur crédit. Ils se cachent derrière les faux alibis, les polémiques inutiles. Ils  préfèrent user dans les fausses promesses, dans les beaux discours. C’est une grande frustration que de n’avoir pas assez de compétence, ni de réflexion, pour diriger, ni assez d’initiatives pour rebondir et se relancer sur la bonne voie. Voilà le principe de l’impertinence d’une reconversion ratée. Ou plutôt avortée !

Depuis 2011 et au fil des années, de nouvelles pratiques sont entrées en scène par une série de procédures et d’actes qui ne véhiculent pas les vraies valeurs de la révolution. L’aptitude, le professionnalisme, la qualification, mais aussi le savoir, sont une soustraction dans ce qui est entrepris. On est au bout d’un système politique «grillé», qui empêche le pays de se relever. La médiocrité et l’amateurisme ne sont plus une affaire marginale. Elles font désormais système, là où on invente les arguments pour dire ce qu’on ne fait pas et faire ce qu’on ne dit pas. L’abandon progressif des grands principes, des orientations et de la cohérence au profit d’approches circonstancielles faites d’incompétence et d’impuissance a ouvert la porte aux responsables enferrés dans le déni.

Il ne s’agit pas de suivre ici le courant des hostilités dans lesquelles baignent les commentaires et les accusations lancées un peu partout à l’encontre des partis et des hommes politiques. Simplement, certains responsables incarnent la fébrilité et le dérapage incontrôlé.

La Tunisie aura toujours le droit d’aspirer à un paysage politique apaisé, loin des polémiques. Alors régulons et mettons en œuvre correctement la spécificité tunisienne. Il y a des instances statuaires, qu’elles soient saisies des débordements, qu’elles agissent en conséquence, qu’elles appliquent la loi, qu’elles régulent enfin la vocation et la marge de manœuvre de chaque partie.

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