Enfant de sa chère ville de La Goulette, Ridha Laâbidi a eu une carrière de basketteur à l’EOGK, là où il a pu rejoindre la sélection à la fin des années 60. La carrière de Ridha Laâbidi est si riche qu’on ne peut tout citer et relater. En tant qu’entraîneur où il se reconvertit à l’âge de 25 ans (plus jeune que certains de ses joueurs), il gagne son premier titre justement avec le CSC, à cet âge précoce. Il enchaîne alors, entre autres, un riche parcours comme entraîneur en sélection junior (1977), en Arabie saoudite, au CA (la première coupe gagnée en 82), à l’EOGK (la grande équipe qui a gagné le doublé en 86), en sélection A (de 1987 à 1990 et de 1995 à 1997), sans oublier un cycle au CA (1992-1995), et des passages à l’USM (le fameux doublé de 2000), au CA en tant que directeur technique des jeunes (2003-2008 et 2012-2014), et à l’ESS où il a ‘‘conclu’’ sa carrière d’entraîneur.

Moments inoubliables
Traverser cette longue carrière est une pénible besogne, tellement, c’était plein de moments fatidiques. Ridha Laâbidi, avec son style spécial et sa facilité de communication, parle de ses souvenirs inoubliables qui ne peuvent pas passer inaperçus : «Il y a d’abord ce passage réussi à l’EOGK, le club de ma région avec un savoureux doublé qui a fait plaisir à cette région. Mon retour à l’EOGK, treize ans après, est aussi quelque chose que je n’oublie pas. Il y avait de la tension, mais je n’ai pas résisté à l’appel du cœur. Toutes les tensions ont été dissipées. D’ailleurs, le public de toutes les équipes que j’ai entraînées m’a chanté, et c’est quelque chose que je ne peux oublier.
Tout comme cette histoire affective que j’ai vécue au CA. J’ai réussi, avec l’aide des joueurs appliqués à construire une équipe solide qui, hélas, n’a pas gagné à l’époque des titres. J’ai perdu injustement et sur le fil deux finales de coupe en 1993 et 995. D’ailleurs, c’est la première fois où je perds une finale. C’est fou ce que la malédiction a frappé fort! Je me rappelle de mon premier passage au CA en 1982 où j’ai gagné la Coupe, et je me souviens encore de mon expérience de directeur technique de 2003 à 2008. C’était très sérieux. Je devais, raisons de santé obligent, fuir le stress et la tension des séniors et avec des dirigeants respectables, on a pu travailler en profondeur les jeunes. Des joueurs comme Chouya, Jelassi, Ben Gheneya étaient, entre autres, la production du CA. Je parlerai également du doublé gagné à l’USM en 2000. C’était fantastique et quelque chose d’historique dans cette région qui a aimé le basket avec un public hyper-passionné. Je me souviens de cette finale gagnée in extremis contre EZS, après le panier à trois points glorieux de Mehdi Zouali. Ce fut une saison chargée et émotionnelle. Cette chance, qui m’a souri en 2000, m’a tourné le dos en 2010 contre le SN en finale de la Coupe. Ce passage à l’Etoile, je le garde bien en mémoire : on a travaillé d’une manière scientifique, on a fait un grand suivi de tous les détails. Personnellement, c’était un défi passionnant. Je revenais pour diriger une équipe et j’étais le seul entraîneur de ma génération encore en activité. Je voulais montrer à tout le monde que je suis encore utile et que je peux encore gagner. Je peux même vous dire que c’était mes deux meilleures saisons sur le plan qualité de travail. On a gagné le titre de champion en 2009, mais globalement, ce n’était pas cher payé. On méritait certainement mieux».

Pincement…
Ridha Laâbidi n’est plus entraîneur de club depuis un bon moment, il n’est pas sollicité pour bénéficier de son expérience. C’est vrai, on m’a éloigné pour diverses raisons. Je me suis retiré petit à petit. Je n’entraîne plus, mais j’ai assuré des séances d’instruction au profit des entraîneurs. C’est un pincement au cœur pour moi, et ça restera toujours comme ça. J’aime que les entraîneurs profitent de ma large expérience, et de celle de tous les entraîneurs qui ont beaucoup servi le basket tunisien. Malheureusement, c’est un système qui a réussi à m’écarter».
Qui dit Ridha Laâbidi, dit aussi Salah Mejri, notre star de la NBA. Il l’a beaucoup aidé à progresser à l’Etoile. «Il y a un rapport spécial avec Salah. J’ai essayé de l’aider à s’améliorer et à acquérir un mental de professionnel. Il a réussi, et de quelle manière ! Une anecdote alors. Quand je l’ai entraîné à l’ESS, je l’ai incité à tirer de toutes les distances. C’était pas évident à l’époque pour un pivot constaud, qui avait plus la responsabilité de gérer le jeu intérieur et de réussir des rebonds. C’était pas facile de convaincre le public, mais pour moi, un basketteur, même un pivot, qui ne sait pas tirer de toutes les positions, manque de quelque chose. Regardez comment Salah réussit avec Dallas des tirs à trois points. C’est ma plus grande satisfaction».
Terminons avec la sélection qui joue le Mondial en Chine. Ridha Laâbidi est convaincu que «l’équipe de Tunisie a des chances réelles qu’elle doit défendre sérieusement. Il faut juste faire attention à ce groupe piège dans lequel on va évoluer. Nos joueurs, surtout qui jouent à l’étranger, ont capitalisé de l’expérience et je pense qu’ils vont pouvoir aider beaucoup leurs équipiers».
R.E.H.

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