La société a pu atteindre les objectifs escomptés, dans une conjoncture difficile où le secteur a enregistré une décroissance de 19%. La cimenterie, qui a une capacité de production de 2 millions de tonnes et qui accapare 25% de parts de marché, a affiché des résultats qui sont dans les prévisions malgré un arrêt de production qui a duré trois mois.

Malgré la crise et ses conséquences sur le secteur du BTP, Carthage Cement affiche de bons résultats. Les mauvais jours sont derrière et l’horizon s’éclaircit pour le cimentier, qui a fait sa réelle entrée sur le marché tunisien en 2014. La société dégage, pour la première fois, un résultat net bénéficiaire, après des années difficiles où elle engrangeait les pertes.

«La société passe d’une situation où elle perd beaucoup d’argent à une situation équilibrée, à une situation où elle gagne de l’argent», a déclaré le directeur général de Carthage Cement, Brahim Sanaa, lors d’une communication financière qui s’est tenue lundi 28 décembre, au siège de l’Iace, en présence du directeur général d’Al Karama Holding, Adel Grar, pour présenter le résultat de l’exercice 2020 ainsi que l’état d’avancement du processus de cession du bloc de 58,2% du capital social.

Résultat net supérieur à 15 millions de dinars

M. Sanaa a affirmé que la société a pu atteindre les objectifs escomptés, dans une conjoncture difficile où le secteur a enregistré une décroissance de 19%. En effet, la cimenterie, qui a une capacité de production de 2 millions de tonnes et qui s’accapare 25% de part de marché, a affiché des résultats qui sont dans les prévisions malgré un arrêt de production qui a duré trois mois lors du confinement général.

«Avec les deux mois de confinement, il fallait trois mois de suspension de la production parce qu’arrêter et redémarrer une cimenterie est une opération compliquée. Il y a le refroidissement et le chauffage. De surcroît, l’activité est handicapée en raison du couvre-feu instauré depuis octobre. Nous avons pu combler ces mois d’arrêt et réaliser les résultats prévus», a ajouté M.Sanaa. Alors que les prévisions tablaient sur un chiffre d’affaires de 258 millions de dinars, un Résultat Brut d’Exploitation (RBE) de 95 millions et un résultat net de 17 millions, Carthage Cement a enregistré des résultats bénéficiaires aux alentours des objectifs fixés, à savoir un CA supérieur à 250 millions de dinars, un RBE compris entre 90 et 100 millions, et un résultat net supérieur à 15 millions. «C’est la première fois dans le secteur de la cimenterie qu’une société affiche un RBE supérieur à 90 millions de dinars», a commenté le DG de Carthage Cement.

Cinq candidats en lice

Revenant sur l’état d’avancement du processus de cession du bloc d’actions, M.Sanaa a souligné que les cinq candidats en lice pour l’opération : la Société Cemolins internacional s.l.u. (Espagne), la Société Majda Tunisia SA; la Société les Ciments Artificiels Tunisiens SA, le Consortium Secil – Companhia Geral de cal e cimento S.A. (Portugal), la Société des ciments de Gabès SA, le Consortium M. Boureima Ouedraogo (Burkina Faso) et la Société Petrolcem SRL (Italie) sont en mesure de répondre aux conditions de validité de l’offre, à savoir la surface financière et le programme de développement de la cimenterie. Par ailleurs, le DG est revenu sur les difficultés qui ont empêché en 2018, lors d’une première tentative, l’opération de cession et qui étaient à l’origine de la rétractation des investisseurs qui ont manifesté leur intérêt. En effet, le cimentier était confronté à plusieurs problèmes qui ont altéré ses équilibres financiers, à savoir le taux d’endettement qui est très élevé, l’explosion du nombre des employés et le contrat d’exploitation très coûteux, conclu avec une société étrangère. M. Sanaa a rappelé que Carthage Cement a procédé à diverses opérations pour remédier à toutes ces difficultés et qui ont abouti à son redressement.  «En 2020, la société a procédé à une augmentation du capital pour réduire l’encours de son endettement, qui est passé de 700 millions de dinars à 350 millions. Avant l’augmentation du capital, le coût de la charge financière des dettes était insoutenable de l’ordre de 60 millions de dinars par an. Actuellement, le taux d’endettement a été ramené à un niveau normal et le capital a été augmenté de 173 millions de dinars à 343 millions. Les banques ont participé à cette opération et les montants récoltés ont été utilisés pour réduire l’endettement de la société», a indiqué le DG de Cement Carthage. Il a, également, rappelé que le contrat d’exploitation qui coûtait à l’entreprise environ 30 millions de dinars est arrivé à terme en septembre 2019 et que l’usine a été prise en charge par ses cadres. «Les résultats qui ont été réalisés par les jeunes cadres de la société n’ont pas pu être réalisés par l’exploitant», a-t-il asséné, dans le même contexte. Il a ajouté qu’après des négociations avec les parties syndicales, le nombre des employés a été réduit et est passé de 880 en 2014 à 777.

Ouverture des plis prévue pour mars 2021

De son côté, le directeur général d’Al Karama Holding, Adel Grar, s’est félicité de la performance de la société. «Les fondamentaux de Carthage Cement sont solides. Même si le secteur traverse des difficultés, nous avons les fondamentaux qui nous permettent d’amortir les chocs futurs liés aux différents secteurs, a-t-il précisé. Il a indiqué que tous les investisseurs en lice pour l’opération de cession ont une stratégie qui aboutit à l’acquisition de la cimenterie, soulignant que trois d’entre eux sont de grands groupes établis dans le secteur de la cimenterie. «Ils connaissent bien le secteur, la conjoncture économique du pays et le rôle et la place de Carthage Cement. Ils veulent acquérir le bloc d’actions dans une logique de croissance externe», a-t-il noté. En outre, il a fait savoir que le meilleur soumissionnaire va poursuivre et financer la stratégie de développement de la société et que la seconde partie du processus de cession débutera ce mois de janvier avec l’ouverture du data room pour les investisseurs concernés. «Nous allons les accompagner jusqu’à la dernière phase de l’offre financière. Nous prévoyons qu’à fin mars, on aura ouvert les plis et identifié l’investisseur final. La cession concerne 58% du capital social qui correspond à la participation directe et indirecte de l’Etat», a-t-il souligné.

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