Parmi les nouveautés affligeantes de la loi de finances qui vient d’entrer en vigueur, il y a lieu de mentionner l’introduction d’une nouvelle mesure concernant la vignette automobile ou taxe de circulation. En effet, après avoir conditionné le paiement de l’assurance véhicule à la présentation de la vignette et de l’attestation de la visite technique, ce qui est d’ailleurs contraire au code des assurances, le PLF 2021 prévoit de conditionner le paiement des taxes de circulation à la déclaration d’impôts.

Ce qui veut dire que toute personne, physique ou morale, ne pourra payer la taxe de circulation d’un véhicule qu’à condition de présenter une déclaration d’impôts en règle sur le revenu ou sur l’activité des sociétés. De ce fait, tous ceux qui ne sont pas en règle avec le fisc seront dans l’impossibilité de payer leur vignette automobile avant de régulariser leur situation.

Certes, payer ses impôts est un devoir civique, une obligation républicaine. Il n’empêche, le civisme fiscal procède de la simplicité des procédures fiscales, non de sa complication. On s’acquitte mieux d’un devoir quand on peut le faire sans perte de temps et sans trop d’efforts.

De ce fait, au lieu de mettre tout le monde sur le banc des accusés qui sont susceptibles de se dérober à leur devoir fiscal, il fallait mieux cibler par cette mesure les fraudeurs ou les personnes et les sociétés en défaut de paiement.  Car, avouons-le, payer ses impôts n’est pas forcément un plaisir absolu. Il faut donc que ce devoir soit accompli le plus simplement et le plus aisément afin de ne pas susciter une hostilité due non pas à sa nécessité mais à ses modalités.

Mais ne nous voilons pas la face. L’Etat tire le diable par la queue et est en train de ratisser large pour payer les salaires et les pensions de retraite. Et pour renflouer les caisses par une lampée d’argent, la cagnotte ne peut se garnir qu’à force de retenues à la source et de collecte en tous genres de taxes et d’impôts. Et la solution la plus simple est de forcer les gens à payer. Surtout s’ils n’ont pas le choix. Si on ne paye pas, on n’a pas le droit de circuler, de payer son assurance. Peu importe le mépris de nos gouvernants à l’égard de leurs concitoyens du moment que tout le monde sera obligé de mettre la main à la poche. C’est en quelque sorte du racket au nom de l’Etat, voté par les élus au nom du peuple. Mais au demeurant, on oublie que cette taxe est payée pour améliorer et entretenir l’état des routes. Or, nos routes sont depuis des années des nids- de-poule. Le jeune décédé dans un accident de la route a perdu le contrôle de son véhicule à cause d’une route en travaux mal protégée, mal signalée. Il a fini au fond d’un gouffre oublié par les percepteurs publics des impôts. N’oublions pas le bus qui s’est renversé sur une route en très mauvais état à proximité de Aïn Snoussi et qui a coûté la vie à plus de trente jeunes.  La liste des exemples lugubres ne fait que s’allonger et concomitamment la liste de nos impôts ne fait que grossir. 

En fait, le contribuable respectueux de ses obligations s’attend à des services au niveau de son devoir citoyen. Ce qui n’est plus le cas en Tunisie. Dans mon pays, on paye d’abord, on discute après. Le citoyen étouffe par cette pression fiscale et on fait tout pour le pousser à manifester dans la rue. Ne dites pas après  pourquoi naissent les « coordinations » et prolifèrent les contestations.

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