Younsi et son bureau, Dridi aussi, mais aussi les joueurs et les anciens dirigeants assument cette réalité morose.

Ce n’est pas une surprise, mais ce n’est pas également quelque chose de «normal» : le CA loge en bas du tableau avec déjà sa 3e défaite de la saison et la deuxième de suite en 4 jours. Les chiffres enfoncent ce CA fragile, méconnaissable et où des jeunes sont lancés dans des circonstances difficiles. Le tout donne un décor plus que triste : crise de résultats, Lassaâd Dridi qui s’en va, public en rage qui demande le départ de Younsi et de sa bande, et un avenir incertain. Au centenaire de ce club prestigieux, on assiste à une des crises des plus virulentes, et rien n’augure d’une solution. C’est si grave, si accablant avec des problèmes partout et une urgence d’opérer une réaction, sans qu’il y ait la volonté et les moyens. Consternés, offusqués, perdant tout repère et tout espoir, les supporters doivent attendre un miracle, une «panacée divine» pour sortir de ce gouffre.

Mais les matches se suivent et des points sont perdus face à des clubs moyens. Pas de joueurs de qualité, des jeunes moyens techniquement (à part un ou deux éléments) et un entraîneur qui n’a pas réussi à bien mener son équipe avec des choix discutables et une obstination à lancer des novices ou des éléments saturés, alors qu’il y a des éléments meilleurs : le résultat était fatal. Le CA était nul à tous les niveaux. Avec un président de club qui ne fait pas son travail et qui trompe ses joueurs et son public, ce n’est pas le cadre idéal pour affronter même de faibles adversaires. Dridi, aussi, a sa part de responsabilité, et le fait de lancer 4 ou 5 jeunes n’est pas une excuse. Il a Ben Yahia, Hammami, Kassab, Abderrazek, Chammakhi, Koussy, Bassirou et, avant cela, Lâabidi et Dekhili, et les résultats furent les mêmes. Il a décidé de s’en aller, et c’est honnête de sa part. Pour revenir à la question des jeunes joueurs, Laâbidi, Garab, Laâjimi, Zghada, Hanzouli, Guesmi, Baâziz peuvent progresser encore. Mais, attention, ils traînent d’énormes lacunes techniques.

Quand on porte ce maillot «rouge et blanc», il faut l’honorer, le mouiller. A 18 ou 19 ans, on n’est plus jeune quand on joue pour un grand club. C’est ce qu’on n’a pas encore compris. A ce CA, serviront un grand président, de grands dirigeants (et pas ces gens cachés et à l’ombre et qui appuient Younsi), un grand entraîneur et de grands joueurs.

Marchand : un pas en arrière !

Le départ de Dridi consommé, Younsi joue la carte Marchand qui se trouve inactif avec le CSChebba. Est-ce la bonne solution? Cet entraîneur, qui aime travailler avec les jeunes joueurs, a fait de bons résultats en 2018, mais a mal  fini son bail. Justement, Marchand, aussi compétent qu’il est, finit par rentrer dans le jeu des coulisses et des calculs. Au CA, il est sorti deux fois déjà avec des problèmes et dans l’état actuel des choses, il lui serait difficile de contenir la situation dégradée. Ce sera un retour vers le passé et non un pas vers l’avenir. Un entraîneur de forte personnalité, c’est ce dont le CA a besoin, mais avant cela, il faudra que quelque chose change au niveau du comité directeur. Le dossier des litiges et la non-qualification des recrues sont les chantiers urgents à gérer pour pouvoir rebondir.

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