Les unités de fabrication des chaussures passent par une conjoncture difficile, comme tous les autres secteurs. La Covid-19 n’a fait qu’aggraver une situation déjà en crise à cause de plusieurs facteurs.    

Les chaussures tunisiennes ont atteint, de nos jours, un niveau de qualité appréciable grâce à l’utilisation d’intrants de premier choix. De plus, les semelles des chaussures sont cousues et bien collées, ce qui garantit leur durabilité. Ce n’était pas le cas par le passé, dans la mesure où les chaussures ne durent que quelques mois avant les confier au cordonnier pour effectuer «les réparations nécessaires », qui concernent souvent la semelle décollée. Aujourd’hui, des progrès ont été réalisés grâce au changement des méthodes de travail et l’utilisation de matières premières de qualité.     

Le marché des chaussures est inondé par des produits fabriqués localement et qui méritent encouragement et soutien, et des articles vrai cuir provenant des pays européens vendus à des prix élevés, puisqu’on peut trouver des chaussures pour hommes à 170 dinars. Les chaussures de marque peuvent être vendues jusqu’à 270 dinars, soit un prix hors de portée des citoyens moyens.

La fripe ferme le bal

Certains citoyens, férus de l’importé, ne s’empêchent pas d’acheter ces chaussures de marque importées y mettant le prix fort. Pour eux, ces produits sont durables et évitent au citoyen d’acheter deux ou trois chaussures par an. Mais les consommateurs n’ont pas réalisé que l’industrie tunisienne du cuir et chaussures a fait sa révolution. Ce manque d’information sur les produits tunisiens en cuir est à l’origine de cette situation de mévente et les industriels endossent une part de responsabilité. Dans les chaînes de télévision, on ne voit pratiquement pas de publicité sur les chaussures tunisiennes et cela constitue une lacune à combler.    

La fripe a toujours ouvert le bal des achats et les consommateurs affluent vers ce marché pour acheter des chaussures un peu usées, mais de marque à prix relativement bas. Une espadrille de marque, presque jamais portée, est écoulée dans les fripes à prix ferme de 30 dinars et le vendeur n’accepte pas de négociations sur le prix. Ce marché a également porté atteinte à l’industrie tunisienne des chaussures qui a été confrontée à la mévente. Les industriels ont, d’ailleurs, demandé aux autorités publiques chargées du commerce de ne  pas inclure les chaussures dans les articles de la friperie. Le coût de production ne permet pas au fabricant de baisser les prix, d’autant plus que les bénéfices sont de plus en plus maigres. Covid-19 oblige, les importations de la fripe, y compris les chaussures, ont connu une chute au grand bonheur de ces industriels qui essayent d’identifier de nouveaux débouchés à l’intérieur du marché local et surtout à l’extérieur.

Certaines unités industrielles, pour contourner la stagnation du marché, ont orienté leurs unités vers la fabrication de nouveaux types de chaussures, en l’occurrence celles «techniques» qui sont destinées aux entreprises industrielles. D’autres fabricants ont conclu des contrats de vente avec des partenaires tunisiens pour fabriquer à la demande et selon des normes précises des chaussures de travail qui sont très demandées par les entreprises publiques et privées.        

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