Les péripéties de ce match ressemblaient à une finale. Heureusement que l’expérience et la détermination ont été, encore une fois, au rendez-vous pour l’EST.

L’Espérance a failli nous faire revivre les deux cuisantes désillusions connues en 2018 et en 2019 respectivement devant Ittihad Alexandrie et Olympique Safi (Maroc) lors des éliminatoires du championnat arabe des clubs.

Heureusement que cette fois-ci, Ahly Benghazi n’est pas parvenu à marcher dans les pas de ces deux clubs de second plan dans leur pays .Mais jusqu’aux dernières secondes du match retour joué avant-hier à Radès dans le cadre du tour éliminatoire (32e) de la Ligue des champions, on n’était pas certain de voir l’Espérance sortir indemne de ce bourbier libyen qui a failli briser précocement son rêve continental de cette saison.

Et ce n’est qu’au coup de sifflet final de l’arbitre égyptien Mahmoud El Bânna que les supporters «sang et or» ont lancé un grand «ouf» de soulagement.

Ahly Benghazi, une équipe épatante

Dans ce «derby» par excellence, on a eu droit à un vrai duel pleinement disputé dans lequel la victoire ne savait pas quel camp choisir du début à la fin.

En témoigne le chassé-croisé de la deuxième mi-temps: deux buts dans chaque cage. Et n’eût été l’avance de la première mi-temps (1-0)grâce au but de Ghaïlane Chaâlali sur penalty à la 18’, l’égalité 2 à 2 de la deuxième période aurait permis à Ahly Benghazi de ravir la qualification à l’Espérance. Un fiasco évité de justesse à quelques minutes de la fin de la rencontre sur un but salvateur et providentiel de Alaeddine Marzouki.

Au-delà du score final en faveur de l’Espérance (3-2) et de la qualification de cette dernière dans la souffrance, tous ceux qui ont vu le match ont, sans doute, été épatés par le niveau et la prestation des Libyens qui  ont tenu la dragée haute au quadruple champion d’Afrique auquel ils ont  chèrement vendu leur peau.

Ahly Benghazi n’a rien à envier aux grands de notre continent. De la technique collective au talent individuel, en passant par l’extraordinaire  application tactique et le rythme soutenu, tout ce dont une bonne équipe a besoin, caractérisait le représentant libyen. Ce qui prouve une nouvelle fois que le football est une tradition ancrée en Libye.

Dans ce match gagné à l’arraché après le nul (0-0) de l’aller au Caire, l’Espérance n’a pas volé sa victoire et sa qualification, mais elle n’a, à aucun moment, été supérieure à Ahly Benghazi qui a tout juste émerveillé !

Les joueurs de l’Espérance et le staff technique savaient pertinemment que l’explication de Radès n’allait pas être une promenade de santé. Mais on ne s’attendait pas à une si belle prestation de l’adversaire.

D’aucuns pensent même que les Ahlaouis de Benghazi auraient pu créer la surprise si leurs deux attaquants, Brahima Ouattara et Mohamed Taouerghi (blessés), étaient de la partie.

Dans d’autres circonstances, une équipe pareille qui possède un très bon gardien (Mourad Louhichi) et trois compartiments en parfaite cohésion aurait de fortes chances d’aller très loin.

Nette amélioration de l’Espérance

Le mérite des Libyens est mis en exergue par la nette amélioration de l’Espérance qui leur a donné la réplique du gagneur déterminé et du champion expérimenté. Et c’est cela qui a finalement fait toute la différence.

Ahly Benghazi a donc affronté une Espérance en progression tant au milieu de terrain qu’en attaque, contre une certaine naïveté résiduelle en défense.

Marzouki a finalement pété le feu en marquant son premier but en Ligue des champions après avoir retrouvé le chemin des filets depuis la dernière journée du championnat face à l’ESS.

Khénissi affiche un léger mieux. Il a été à l’origine du penalty transformé par Chaâlali (18’).

A son tour, l’entrejeu, animé magistralement par Coulibaly, Chaâlali et Ben Romdhane, est redevenu comme jadis le point fort de l’équipe. En plus de Chaâlali, Mohamed Ali Ben Romdhane a, lui aussi, connu le succès en marquant un splendide but à la 63’. Ce garçon est en passe de devenir le buteur de l’équipe de Bab Souika. Son style nous rappelle déjà le grand Nabil Maâloul. Seule la défense devra désormais se trouver au centre d’intérêt du staff technique. Ses bévues individuelles et parfois collectives (placement hasardeux) continuent de donner des frayeurs aux supporters. Mais globalement, la progression des «Sang et Or» est évidente. Elle tombe à pic avec le commencement des choses sérieuses.

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