CEUX qui ont exprimé  bruyamment leur joie et leur satisfaction de voir le Président Kaïs Saïed annoncer son acceptation de veiller à l’organisation du dialogue national, initiative proposée par l’Ugtt dans le but de sauver le pays et de le faire sortir de la crise qui menace sérieusement l’Etat de dépérissement, mais une acceptation comportant la rectification de l’initiative au point que certains n’ont pas hésité à affirmer qu’elle a été confisquée par le locataire du Palais de Carthage, se sont retrouvés depuis la publication des deux fameux communiqués présidentiels sur la question embourbés dans une tourmente interminable basée essentiellement sur la définition des conditions dans lesquelles se déroulera le dialogue national, sur les parties qui y prendront part, sur les conclusions qu’il dégagera et enfin sur l’équipe gouvernementale qui aura à appliquer les décisions qu’il arrêtera, bien sûr, une fois que ces mêmes décisions se trouveront concrétisées en lois votées au Parlement par la grâce de députés dont la grande majorité devraient «dégager» du Palais du Bardo, si l’on en croit les discours ambiants de ceux qui veulent «purifier» le paysage politique national et rendre à la révolution ses titres de noblesse comme le veulent le palais de Carthage ainsi que «les jeunes de l’intérieur» ou «des régions» que le Président voudrait faire participer au dialogue mais sans préciser la méthodologie à utiliser pour les élire, les choisir ou les désigner.

Et l’Ugtt de se retrouver sous les feux quotidiens de tous ceux (y compris les partis et associations qui défendent machinalement tout ce que Taboubi annonce et Tahri et Cheffi théorisent,  comme font les professeurs des classes terminales dans les années 70 du siècle précédent) qui la pressent pour s’exprimer  et  dire tout haut si son  «bébé» lui a été volé ou s’il envisage de se  réapproprier son projet en imposant elle-même les conditions de son application.

En  attendant la grande rencontre d’explication ou de mise en œuvre de «la logistique» qui présidera à l’organisation du dialogue national, rencontre qui se tiendra entre les syndicalistes et les conseillers du palais de Carthage d’ici la fin de la semaine, comme l’a signalé, hier, sur Mosaïque FM, Noureddine Taboubi, le  SG de l’Ugtt, on se contentera, d’une part, des petites phrases, des insinuations et des indiscrétions filtrées et distillées, à souhait, par ceux qui sont sûrs d’y  participer et s’arroger même le droit de sélectionner les autres participants qui siégeront avec eux et, d’autre part, on suivra avec inquiétude les déclarations alarmantes et les affirmations suffisantes de ceux qui prédisent, déjà, l’échec du dialogue national avant même de savoir s’il va avoir lieu et s’il constituera une initiative mort-née.

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