A mauvais bilans, bonnes résolutions. Les pays en crise s’en sortent généralement ainsi.

Est-ce le cas de la Tunisie début 2021 ?

Hélas, loin s’en faut. Ici, paradoxe, il y a unanimité du diagnostic, accord sur la gravité de la situation, mais les résolutions ou s’absentent ou s’opposent. Voire : ciblent franchement à côté.

Exemple du «Dialogue national», brandi «à bras le corps» par l’Ugtt. Préconisé, de même, par des personnalités de la société civile et par certains partis.

Le but est louable : trouver réponse à tout. A la faillite économique qui menace, au malaise social qui grandit, aux blocages politiques qui se compliquent à vue.

La réalisation est plus qu’improbable. Il y a d’abord que ce «Dialogue» se concocte hors de l’ARP, hors du gouvernement. Problème de légalité. Il y a ensuite que c’est un «Dialogue» qui dit d’avance ne pas s’ouvrir à tout le monde. Problème d’exclusion. Il y a surtout à douter de l’opportunité de la chose, si c’est vraiment «une primeur», si c’en est bien le moment.

Au sortir de la pire année, 2020, et à l’accueil de 2021, le sentiment, à vrai dire, est que tout ou presque est raison à se détourner de l’essentiel, à perdre de vue le mieux à faire, à négliger les vraies priorités. L’appel au «Dialogue national» n’est pas le seul exemple. On discute encore et encore d’élections anticipées et de changement de régime, de règlement intérieur à l’ARP. On débat d’idéologie. Les corporatismes s’agitent partout dans le pays.

Pendant ce temps, l’épidémie est à son comble. 50 morts au quotidien. Et un virus qui menace de muter. Pendant ce temps, rien ne se précise à propos du vaccin. Le mieux à faire, sans conteste, en 2021. L’extrême priorité à l’heure qu’il est en Europe, en Amérique, en Asie, alors que le ministre de la Santé «renvoie» encore à mars, à juin. Combien de morts aurons-nous compté d’ici là ?

La santé est la priorité nationale en 2021. D’abord elle. D’abord le vaccin contre le corona qui tue. Le reste viendra plus tard. Seule et unique bonne résolution.

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