Par Jalel MESTIRI
Le hasard prend de plus en plus de place dans la vie des citoyens. Il est ainsi permis de spéculer sur la santé des Tunisiens et des Tunisiennes. Sur leur droit le plus absolu à la santé. Sur fond de crise sanitaire,  ce droit est perçu aujourd’hui comme une chance. A défaut de vigilance et surtout en l’absence de politique et de stratégies anti-Covid, il est loin de constituer une priorité absolue chez les décideurs. L’image peu reluisante que les différentes parties prenantes affichent est imputable à des responsables qui n’arrivent pas vraiment à assumer leurs responsabilités. Tous les manquements et toutes les défaillances qui en découlent nous amènent à nous interroger sur  la manière avec laquelle on gère la crise et les solutions envisagées…

L’Etat est confronté aujourd’hui à un défi inédit : la prise de décision publique dans un contexte d’incertitude et de confusion. Ce qui est entrepris à divers degrés reste insuffisant. Le résultat tarde à venir, encore moins à se concrétiser. La gestion de la crise laisse à désirer. Elle n’est plus rassurante. Bien des choses devraient changer.  Dans les choix, dans les rôles. Ce qui a poussé le secrétaire général de l’Ugtt à lancer un appel de détresse, mettant en garde contre les répercussions négatives de la propagation de la pandémie et appelant le gouvernement à prendre des décisions urgentes pour stopper les cercles de la contagion.

La situation est alarmante. La Tunisie vient en effet d’enregistrer un nombre de contaminations jamais atteint auparavant.  Le dernier bilan du ministère de la Santé indique que 1.729 malades atteints du Covid-19 sont hospitalisés dans les cliniques privées et les hôpitaux publics dont 361 en soins intensifs et 124 placés sous respirateur artificiel. Avec 5.534 cas confirmés et 31 décès, le bilan s’accélère, surtout  en milieu scolaire. L’exemple du lycée secondaire d’El Menzah 6 est fortement révélateur. Sur un total de 75 tests, 47 élèves et membres du corps enseignant ont été testés positifs.

Il faut dire que l’équilibre est presque impossible à tenir à tous les niveaux. C’est une fausse excuse pour ceux qui cherchent à se cacher derrière les alibis et les prétextes. La Tunisie connaît une véritable crise de gouvernance sanitaire. Ce qui est annoncé et revendiqué ne sert plus que de paravent pour tenter de cacher une réalité amère. Car à bien se rendre compte des manquements, on comprend maintenant les raisons qui ont accéléré la vague de contaminations.  Plus encore : les risques de propagation du virus sont devenus extrêmement élargis. Voilà qui désapprouve une politique sanitaire imparfaite et défectueuse. Les dysfonctionnements à tous les niveaux dénotent une stratégie mal conçue où les failles ont été nombreuses.

Les constats auxquels nous sommes arrivés  ont trait aux actes et aux prises de position sans fondement. Surtout celles émanant de personnes qui n’ont pas le courage de décider au bon moment et au bon endroit.

Finalement, la passivité a la même racine que la fatalité. Surtout quand l’initiative se retranche et l’abandon devient institutionnel…

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