On passera à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche par un confinement général obligé. Ce n’est donc pas la joie pour tout le monde : on est en train de retrouver les durs moments de mars et d’avril où on s’est confinés chez nous avec le désastre économique que l’on connaît. Avec la recrudescence des cas positifs et l’augmentation spectaculaire du nombre de décès, il fallait agir. Mais les décisions prises n’ont pas fait l’unanimité. Sur le plan opérationnel, quatre jours de paralysie générale, de sentiment de peur propagé à tous les Tunisiens qui se sont rués dès hier sur les hypermarchés pour s’approvisionner (des rassemblements propices au Covid). Sur le plan économique, des secteurs, tels que la restauration et les cafés, crient au scandale et perdurent dans leur calvaire. Idem pour le secteur privé qui souffre déjà de l’inconvenant impact économique de la récession subie depuis mars. Ces quatre jours et les jours qui suivront vont-ils arrêter les contaminations et les décès ?

Certainement que les déplacements en moins vont probablement casser un peu le cercle des contaminations. Mais tout cela n’aura pas de vrai impact si deux conditions ne sont pas réunies. D’abord, une conscience collective et un comportement citoyen de la part des Tunisiens qui doivent respecter les mesures de distanciation autant que possible et porter le masque. C’est fondamental si l’on veut aplanir la courbe des contaminations.

Ensuite, l’Etat doit être plus fort, plus autoritaire pour appliquer ces mesures. À quoi sert donc de décréter un confinement général si l’on ne va pas le respecter, et si on va râler pour n’importe quelle mesure ? Au-delà de tout, et compte tenu de la modicité des moyens et des difficultés du système de santé tunisien, il est clair qu’un forcing des Tunisiens eux-mêmes en termes de solidarité, de respect des consignes, de rationalité dans les comportements d’achat et de consommation et de travail aussi pourrait contribuer à renverser la vapeur. Ça va mal, oui, la situation est critique, c’est clair, mais restons optimistes, restons soudés, patientons un peu. C’est une épreuve dure pour tous, les pertes humaines et aussi socioéconomiques sont colossales, mais on doit faire avec et s’aligner.

Nous vivons la société du Covid, l’ère du Covid. A ce marasme, il faut beaucoup de courage et de sacrifice. Dans ces moments de vérité, l’histoire nous apprend que seuls les peuples avertis et solidaires s’en sortent. Une question de comportement et de résilience surtout. Courage !

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