Fortement impacté par la pandémie de Covid-19, le secteur touristique essaye de retrouver son dynamisme habituel après la période du coronavirus qui a fait des dégâts au niveau des hôteliers, des agences de voyages et d’autres activités liées au tourisme. Une commission devrait mettre en œuvre des mesures de nature à propulser le secteur qui constitue l’un des moteurs de la croissance.


Le tourisme tunisien a subi les affres de la pandémie du Covid-19 et a laissé des séquelles graves sur les activités des hôteliers, des agences de voyages, des restaurants touristiques, de l’artisanat et d’autres activités liées à ce secteur qui fait employer de façon directe ou indirecte des milliers de travailleurs, toutes catégories professionnelles confondues. Actuellement, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat et les professionnels pensent à l’après-Covid pour consolider le secteur et l’immuniser pour qu’il soit apte à faire face aux chocs extérieurs et intérieurs.

En effet, sur décision du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Habib Ammar, une commission mixte chargée de la relance de l’activité touristique post-Covid-19 vient d’être créée, a indiqué un communiqué publié par le ministère du Tourisme. Ladite commission, qui sera formée par des représentants des ministères concernés, les professionnels du métier et les partenaires sociaux, aura pour mission de mettre en place un plan de relance intégré afin d’assurer le redémarrage du secteur.

Préserver les postes d’emploi

Il faut préciser que le secteur du tourisme est confronté depuis des années avant même l’avènement de la pandémie, qui risque de durer encore une période plus ou moins longue, à des problèmes structurels. A titre d’exemple, plusieurs hôteliers sont endettés et n’arrivent pas à rembourser leurs crédits dans les délais impartis. Les mesures de soutien prises par le gouvernement pour limiter les effets de la pandémie ne semblent pas suffisantes pour sauver un secteur en butte à des risques réels. La prochaine haute saison doit être préparée dès à présent en espérant que la Covid-19 ne sera plus qu’un mauvais souvenir à cette date. Les mesures à prendre doivent concerner plusieurs segments à commencer par l’organisation d’une campagne promotionnelle à large échelle qui doit toucher tous les pays émetteurs, y compris ceux de l’Europe de l’Est, de l’Asie et de l’Amérique sans oublier, bien entendu, les pays européens dont le taux de pénétration est assez faible comme les marchés anglais, espagnol et allemand.

Ces campagnes peuvent être prises en  charge par l’Etat avec une participation symbolique des professionnels. Parallèlement, des Eductours en Tunisie au profit des journalistes des grands quotidiens et magazines sont demandés pour montrer à ces derniers les sites et produits tunisiens qui valent la peine d’être visités. C’est une occasion aussi pour montrer aux hôtes que la sécurité est bien établie dans notre pays. Ces journalistes s’engagent, une fois rentrés chez eux, d’écrire des articles et des reportages en mesure de séduire les touristes potentiels qui comptent voyager à l’étranger.

Diversification des produits

En plus  de la diversification des destinations ciblées, il est important de favoriser le tourisme de classe qui compte des touristes aisés et dépensiers. C’est que la Tunisie a accueilli, depuis des années, des touristes de masse qui ne dépensent pas assez et n’apportent pas un grand plus à notre économie. D’où la nécessité de soigner les produits à présenter aux touristes comme les activités liées aux sports (golf, cross, rallyes), à la plaisance, à la culture, aux loisirs (y compris les grands galas internationaux), l’aventure, l’environnement et l’histoire. De nouvelles formes de tourismes ont fait leur apparition et ont drainé un nombre considérable de touristes en Europe à l’instar du tourisme agricole où les touristes passent quelques jours dans le milieu rural vivant avec les paysans et contribuant à leurs activités agricoles. Le tourisme alternatif est également recommandé. Plusieurs touristes sont intéressés par le tourisme à thème et sont disposés à payer le prix fort pour visiter, par exemple, des monuments historiques de l’époque romaine, et la Tunisie n’en manque pas. Ainsi, les circuits touristiques doivent être mis à jour en intégrant de nouveaux sites culturels et écologiques.

L’autre mesure à prendre en considération concerne les ressources humaines opérant dans le secteur du tourisme et des services annexes. Des sessions de formation intensives sont vivement demandées pour enrichir les connaissances des travailleurs et leur apprendre les nouvelles pratiques utilisées dans le secteur. Il s’agit de répondre aux exigences des touristes et d’être toujours à leur écoute et disponible pour effecteur plusieurs tâches. Les erreurs qui pourraient être commises par les agents se répercuteraient négativement sur tout le secteur, d’autant plus que le bouche-à-oreille fonctionne très bien dans ce domaine.

Par ailleurs, la sécurité constitue une priorité absolue dans le secteur, car le touriste doit se sentir sécurisé là où il va et ne pas rencontrer ces vendeurs à la sauvette qui obligent les touristes, parfois, d’acheter des objets presque par force.  Ainsi, des accords de coordination entre le ministère du Tourisme et celui de l’Intérieur pourraient être conclus durant la haute saison pour bien surveiller les zones touristiques et rappeler à l’ordre tout individu qui envisage de mener des actes hostiles et porter atteinte à l’image touristique de la Tunisie. 

Intervenant lors de la première réunion de cette commission tenue mardi, au siège du ministère, le ministre a fait savoir qu’il sera question de développer et diversifier les activités touristiques dans toutes les régions de la République et de proposer des solutions à même de promouvoir le tourisme local et alternatif. Des mécanismes visant à améliorer les services au niveau des zones frontalières, à renforcer la sécurité et à garantir les mesures de prévention et de protection sanitaire sont prévus. Aussi, le ministre a-t-il mis l’accent sur la nécessité de mettre en place, dans le cadre de cette commission, un plan et une campagne de communication au profit de la Tunisie à l’échelle nationale et internationale. Il a, d’autre part, souligné que le rapport final issu des travaux de cette commission comportant toutes les recommandations doit impérativement être soumis au Chef du gouvernement, avant le 20 mars prochain.

Le secteur du tourisme a fortement été impacté après la première vague de l’épidémie, enregistrant une baisse de 71% des recettes, au cours de la haute saison qui s’étale du mois de juillet au mois de septembre 2020.

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