La Banque mondiale est plutôt optimiste sur le devenir économique de la Tunisie au cours de cette année dans la mesure où elle prévoit une croissance de 5,8%, alors que le pays vit actuellement une crise économique et financière sévère. Mais il est possible de changer la donne si tous les forces vivent se mettent au travail et réaliser des performances dans les différents secteurs. C’est un pari difficile à relever mais pas impossible.
La Banque mondiale a distribué, récemment, dans ses perspectives économiques mondiales, de bons chiffres pour certains pays d’Afrique (y compris l’Afrique du Nord) et le Moyen-Orient. Ainsi, les prévisions pour la Tunisie tablent sur une croissance de 5,8% au cours de cette année, ce qui lui vaut la 3e place à l’échelle africaine, devancée par le Djibouti à la première place avec une croissance de 7,1% après une récession de 1% en 2020 alors que le Kenya connaîtra une croissance de 6,9%. A noter que notre pays, toujours selon les chiffres du bailleur de fonds mondial, a enregistré l’année dernière une chute de 9,1%. Notre confrère en ligne « IlBoursa », qui a rapporté l’information, a publié le classement des autres pays au niveau de la croissance.
Tout ce que l’on souhaite, c’est la réalisation de ces résultats positifs au cours de cette année dont le début est marqué par les effets néfastes du Covid-19, ce qui a entraîné un confinement général et des dispositions rigoureuses à l’encontre des restaurants et des cafés qui n’ont plus le droit, au cours de cette période, d’installer les chaises et les tables. Mais le miracle tunisien est toujours possible, d’autant plus que la partie qui a fourni ces prévisions est réputée pour être une institution sérieuse, en l’occurrence la Banque mondiale. Celle-ci s’est basée sur plusieurs critères objectifs avant de définir ses prévisions futures.

La relance tant attendue
Pour atteindre une croissance positives, la Tunisie est appelée à relancer tous les secteurs actuellement en berne tels que le tourisme, le transport, le textile-habillement, l’industrie, les industries mécaniques et électriques, les exportations et l’investissement. Encore faut-il que la pandémie de Covid-19 prenne fin dans les meilleurs délais. Avec l’importation prochaine du vaccin et le partage des quantités qui seront importées par l’Algérie, la Tunisie pourrait remonter la pente et réduire un tant soit peu le nombre de contaminations et de décès, ce qui permettra de relancer progressivement l’économie. En fait, le souci premier est actuellement de réduire les effets néfastes de la pandémie, qui ont touché pratiquement tous les secteurs économiques. Malgré la bonne volonté des pouvoirs publics qui ont mobilisé des fonds colossaux pour combattre le coronavirus, le nombre de décès et de contaminations est encore en hausse et les activités économiques en berne à la date de la publication dudit rapport.
Il suffit que la pandémie prenne fin ou du moins diminue d’intensité pour que tous les plans de relance qui concernent tous les secteurs soient mis en marche. On sait déjà que le ministère du Tourisme, à titre d’exemple, a élaboré un plan dans le cadre d’une commission regroupant toutes les parties prenantes, y compris les professionnels, en vue de dynamiser le secteur post-Covid-19. C’est aussi le cas des exportations et des investissements étrangers qui exigent une amélioration du climat des affaires. La Tunisie a la possibilité d’améliorer ses performances économiques à condition que tous ses enfants se mettent au travail après une période de confinement qui risque de perdurer si la pandémie résiste aux différentes mesures prises. Notre pays n’a d’autre choix que de compter sur la plus-value des différents secteurs afin de pouvoir exporter plus vers toutes les destinations du monde. La croissance ne peut pas venir d’un coup de baguette magique ou d’un quelconque miracle. D’autant plus que notre territoire est pauvre en ressources naturelles, comparé à d’autres pays africains qui sont dotés d’importantes quantités de pétrole et de gaz dont une partie est exportée et une autre consommée localement.

L’évaluation à mi-chemin est nécessaire
Tous les ministères sont appelés à faire une évaluation à mi-chemin quatre ou six mois après l’entrée en vigueur des mesures de relance pour voir si la Tunisie emprunte le bon chemin pour sortir de la crise. Au cas contraire, les difficultés seront identifiées en vue d’apporter les rectificatifs qu’exige la situation économique et financière. Le but est de terminer l’année dans une position meilleure que celle de l’année écoulée, et cette hypothèse est bien possible si un autre choc ne se produit pas. Fragile et vulnérable, l’économie tunisienne est très sensible aux chocs exogènes et pourrait connaître des conséquences fâcheuses à court et moyen terme. Même nos entreprises ne sont pas souvent en mesure de résister à ces chocs, vu leur faible immunité. On se souvient encore de la guerre du Golfe qui a mis à rude épreuve les entreprises tunisiennes dont les exportations s’étaient réduites au plus bas.
C’est aussi le cas de la crise des subprimes qui est une crise financière qui a touché le secteur des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis à partir de juillet 2007. Avec la crise bancaire et financière de l’automne 2008, ces deux phénomènes inaugurent la crise financière mondiale de 2007-2008. Suite à cet évènement, l’économie tunisienne a vécu un réel cauchemar et les entreprises en ont pâti doublement. Il a fallu beaucoup de temps pour que l’économie retrouve son rythme habituel.
Mais à cœur vaillant, rien d’impossible après la crise du Covid-19. Les entreprises pourraient bien passer la vitesse supérieure d’autant plus que les unités de production, dans leur majorité, disposent d’importantes potentialités qui pourraient être exploitées pleinement pour produire et exporter plus. D’où la nécessité d’asseoir une paix ou une trêve sociales avec une entente entre les partenaires sociaux. C’est ainsi que l’on pourrait réduire les arrêts de travail, les sit-in et les grèves et rattraper le temps perdu. La croissance, même à 3%, est possible en Tunisie mais cela requiert la participation de toues les parties prenantes qui doivent mettre comme objectif final le sauvetage de l’économie nationale et l’amélioration des performances, malgré le manque de ressources. Les pays développés pourraient, eux aussi, prêter main-forte à la Tunisie en augmentant leurs achats des différents produits à valeur marchande dans élan de solidarité entre le Nord et le Sud de la Méditerranée.

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