La défaite concédée à Sfax au milieu de la semaine dernière est venue rappeler aux joueurs que, même quand on est nettement supérieur à son adversaire, traîner les pieds conduit forcément à l’échec. Cette déconvenue est également l’occasion pour Mouïne Chaâbani de revoir ses choix et d’imposer la discipline au sein de son effectif.
L’échec essuyé par le leader « sang et or » au classico de Sfax était attendu par les observateurs les plus avertis. En effet, des indicateurs ont surgi ces derniers temps, notamment la prestation de l’équipe dans la double confrontation contre Ahly Benghazi, pour le compte des 16es de finale de la Ligue des champions. En fait, à l’aller, l’EST s’est contentée de faire un match nul vierge au Caire, ce qui n’arrangeait pas vraiment la situation. Au retour, les débats étaient si serrés que jusqu’à la 84e, la parité du score (2-2) plaidait en faveur de la formation libyenne. Il a fallu un exploit individuel de Alaeddine Marzouki pour sauver la situation et éviter aux « Sang et Or » de quitter tôt la C1 africaine.

Chaâbani : des contraintes au quotidien…

Depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe en octobre 2018, Mouïne Chaâbani est appelé à gérer une grosse pression au quotidien, qu’il fasse match nul ou même quand il gagne. Et ce ne sont pas les deux titres africains remportés en l’espace de six mois qui ont attendri les cœurs de ses détracteurs. Car même quand il gagne, ses choix sont discutables. Outre cette pression constante, le coach « sang et or » a dû gérer d’autres contraintes au quotidien, notamment les blessures des joueurs depuis le début de la saison, à commencer par la nouvelle recrue, Nassim Ben Khalifa, qui n’a disputé que 12 minutes durant le match d’ouverture du championnat contre l’AS Soliman avant de se blesser. Une blessure musculaire qui l’a éloigné des terrains pendant 21 jours et, depuis, on attend de revoir le joueur à l’œuvre. D’autres blessures ont suivi, notamment celles de Khalil Chammam, Ghaïlane Chaâlali et tout récemment Hamdou El Houni. De retour de blessure, l’attaquant libyen était l’ombre de lui-même contre le CSS mercredi dernier, ce qui a affaibli le rendement de l’attaque espérantiste.  Outre la série des blessures, l’arrêt du championnat du 13 septembre dernier (date de l’ultime journée de la saison 2019-2020) jusqu’au au 6 décembre 2020 (date du coup d’envoi de la nouvelle saison) suivi d’un rythme soutenu des matches n’a pas aidé Mouïne Chaâbani, comme ses confrères à la tête de clubs de Ligue 1, à trouver le temps de faire des réglages, tellement ils sont sur la brèche.

Ben Choug, Meziane et les autres… 

A ce jour, les recrues de l’EST n’ont pas tous donné satisfaction, à commencer par Fadi Ben Choug que bon nombre de supporters réclament de le voir plus souvent sur le terrain. Ben Choug qu’on n’a pas vu souvent sur les terrains ces derniers mois, a marqué son retour à la compétition de la plus belle des manières contre l’AS Réjiche, en ouvrant la marque et, par la même occasion, signer l’un des deux buts de la victoire. Chaâbani aurait dû l’encourager en l’alignant contre le CSS. Renseignement pris sur ce joueur : il est bon techniquement, mais ce qu’on lui reproche, c’est qu’il ne se sait pas se placer et se replacer sur le terrain. Il a toujours besoin d’être guidé par son entraîneur, ce qui semble irriter Chaâbani.

Concernant Alaeddine Marzouki, il est l’auteur de trois buts depuis son arrivée au Parc B, dont celui de la qualification à la phase des groupes de la C1 africaine contre Ahly Benghazi. C’est un joueur déjà utile dans l’effectif. A notre humble avis, il serait mieux utilisé comme deuxième attaquant.

Quant à Abderrahmane Meziane, il a beau faire des efforts, il ne justifie pas son salaire pour autant. Elyès Chetti, lui,  écarté temporairement suite à une erreur fatale contre Ahly Benghazi, a bien sa place, même s’il a péché contre la formation libyenne. Son compatriote Tougay, qui évolue comme défenseur central, remplit bien son rôle de remplaçant de Badrane ou de Yaâkoubi. Benguit, lui, doit se montrer plus régulier,  alors que le jeune Cedrik Gbo a une bonne marge de progression devant lui.

Passons à Hamdi Nagguez qui a signé le but de la victoire contre l’UST pour le compte de la 3e journée de la Ligue 1. Il a commis une erreur fatale contre le CSS : Karoui profita de son mauvais contrôle de la balle pour ouvrir la marque, ce qui a permis aux Sfaxiens de rejoindre les vestiaires à la mi-temps avec un avantage au score. Sur ce but encaissé, il ne faut pas imputer l’entière responsabilité au seul Nagguez, puisque Ben Chérifia, qui n’a pas su diriger sa défense, en est également responsable.

Enfin, Nassim Ben Khalifa est un attaquant au talent certain et à la qualité intrinsèque à n’en pas douter. Il lui suffit un temps de jeu pour qu’il mette tout son savoir-faire au service de l’équipe.

Pour finir, la défaite contre le CSS ne doit pas être vécue comme la fin du monde. Au contraire, c’est un mal pour un bien, car il fallait que ça arrive pour remettre les joueurs dans le droit chemin, eux qui traînent les pieds depuis un certain temps.

Mouïne Chaâbani doit revoir ses choix, certes, mais il serait injuste de l’écarter sur une défaite après une invincibilité de 33 matches en championnat, d’autant que l’EST est toujours leader avec 16 points au compteur et un match en moins contre la JSK, pour le compte de la 6e journée. L’EST a trois longueurs d’avance sur son dauphin, l’US Ben Guerdane. Il n’y a donc pas le feu en la demeure.

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