Nos politiciens, toutes tendances politiques et intellectuelles confondues, se sont mués en chroniqueurs TV et radio pour expliquer à l’opinion publique les raisons qu’ils considèrent comme étant inavouées qui se cachent derrière la vague de protestations violentes et d’actes de vandalisme à l’encontre des biens publics et privés commis par plusieurs centaines d’adolescents, voire d’enfants, dans différentes régions du pays, à la faveur des quatre jours de confinement général décidé par le gouvernement en vue de contenir l’épidémie de Covid-19.

Et les Tunisiens qui s’attendaient à ce que leur élite, plus particulièrement les gouvernants, éclaire leur lanterne sur ce que le gouvernement envisage de faire pour contrer la violence, les actes de vandalisme et le banditisme sans précédent, de rester sur leur faim, dans la mesure où nos élites au pouvoir, en premier lieu les chefs du gouvernement et de l’Etat ainsi que le président du Parlement, gardent toujours un silence assourdissant, préférant se contenter des communiqués diffusés par les services d’information relevant du ministère de l’Intérieur.

Ces communiqués se contentent, en effet, de passer, en revue quotidiennement le nombre d’actes d’agression commis par les jeunes en colère, les arrestations et les dégâts enregistrés pour ce qui est des agents de sécurité blessés et des entreprises ou établissements privés endommagés, sans prendre la peine d’analyser les causes profondes de ce phénomène.

Quant aux experts et analystes exerçant à la carte, ils ont produit le discours qu’ils ont pris l’habitude de soumettre, en de telles occasions, à l’opinion publique, un discours où la confusion, les conclusions hâtives et les jugements partisans ne font que semer, encore plus, le doute et la suspicion dans l’esprit des Tunisiens, désormais convaincus que leur classe politique, au pouvoir ou dans l’opposition, n’est pas en mesure d’imaginer et de mettre en œuvre les solutions qu’impose la situation politique actuelle.

Que faut-il faire pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle dans laquelle il se morfond de jour en jour ? La réponse : seul le dialogue et rien que le dialogue est en mesure d’apporter une solution consensuelle à nos crises et à nos différends quelles que soient leur acuité et leur gravité.

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