Ses toiles se font entendre à travers une abstraction rythmée qui, des fois, prend aussi des allures de nouvelle figuration et c’est alors que l’on reconnaît une forme architecturale, une façade, un décor ou un visage…

Les cimaises de la Galerie Saladin continuent d’accueillir les œuvres de l’artiste multidisciplinaire, Qays Rostom, qui y présente, jusqu’au 24 janvier 2021, ses moments de peinture.

Avec ce confinement «dirigé» et plus souple que la parenthèse de confinement de 4 jours de la semaine dernière, on peut encore se permettre, et tant mieux pour nous, une certaine mobilité et aller vers, ainsi, certaines formes d’art encore accessibles.

C’est le cas de cette exposition placée sous le commissariat de Rim Benboubaker qui continue à attirer les amateurs d’art pour y découvrir l’écriture instinctive et intuitive de cet artiste aux multiples casquettes. Car Qays Rostom est à la fois peintre, scénographe pour le théâtre et les arts vivants, chef-décorateur pour le cinéma et musicien compositeur. C’est en Belgique qu’il a fait ses débuts où il a étudié la scénographie de 1976 à 1981. Il a travaillé ensuite pour le théâtre et la danse, dans ce même pays mais aussi en France et aux Pays-Bas. A son retour en Tunisie, il continue à évoluer dans le 7e art et collabore avec Taoufik Jebali, Hichem Rostom et le Théâtre Phou.1994 marque le début de sa collaboration avec Fadhel Jaibi et Jalila Baccar. Depuis cette date, il signe la totalité des scénographies, en Tunisie et à l’étranger. Pour «Le Procès» de Kafka, création du Schauspielhaus Bochum et mis en scène par Fadhel Jaibi, il crée la scénographie et compose la musique. Qays Rostom a, également, composé des musiques pour des ballets contemporains en Europe. L’artiste s’est construit, depuis le début de sa carrière, un univers d’intersectionnalité, de dialogue entre ces différents modes d’expression qui communiquent et puisent les uns des autres.

Cette foisonnante expérience dans ces différents mondes se projette, aussi, dans l’exposition «Des moments de peinture», dans cette volonté de déconstruire, découper l’espace, transfigurer, investir la toile-espace, composer dans le temps, dans ces tempos de couleurs, sa palette rythmée par les tonalités de couleurs bleu et rouge et les notes du blanc et du noir…Gestualité et rythmes pour écrire ses partitions colorées. Ses toiles se font entendre à travers une abstraction rythmée qui, des fois, prend aussi des allures de nouvelle figuration et c’est alors que l’on reconnaît une forme architecturale, une façade, un décor ou un visage…

«Je compose comme un «scénographe» et comme un peintre. Je lance un son dans l’espace et selon la place qu’il prend ou que je lui donne, il naît. Je construis, selon les images, chaque son et chaque rythme que j’y ajoute m’inspire».

Plus qu’un geste créateur, il s’agit d’«actions» de création en usant du son, de l’espace, de la lumière et du temps comme matériaux.

Le temps devient sujet et matériau de travail, un temps d’où découlent ses «moments de peintures», une sorte de mise en abîme d’un happening, fenêtres sur des moments scéniques et rythmiques. A voir, à vivre !

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