AVEC l’entrée en vigueur de la loi relative à l’éradication de toutes les formes de violence à l’encontre des femmes, fin décembre 2018, on croyait que la Tunisie était entrée dans une nouvelle phase de son processus de développement fondé sur le respect de la dignité de la femme, l’enracinement de la culture, considérant l’élément féminin comme un partenaire à part entière dans la dynamique nationale d’édification et de progrès et, enfin, la réhabilitation du rôle de la femme dans l’œuvre de construction de la Tunisie démocratique, contribution que certaines parties ont vainement cherché à occulter.

Malheureusement, entre les ambitions et les objectifs, d’une part, et la réalité du terrain, d’autre part, les chiffres révélés ces derniers jours par la ministre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées sur les affaires de violence contre les femmes et les enfants déférés en justice en 2018 font froid dans le dos et appellent à une prise de conscience générale quant à la prolifération des actes de violence physique et sexuelle contre les femmes et les enfants.

Les associations de la  société  civile,  les structures du ministère de la Femme et de la Famille et les partis politiques ont  beau se mobiliser et  multiplier les débats et les rencontres de sensibilisation et d’information sur les dispositions de la loi antiviolence ainsi que les sanctions qui seront infligées aux réfractaires, la situation empire, de jour en  jour, et la multiplication des affaires (plus de 40 mille en 2018 selon les déclarations de la ministre) dévoile une réalité amère.

Il s’agit d’un sentiment général d’impunité cultivé par ceux qui commettent ces actes  d’atteinte à l’intégrité physique et morale des femmes et des enfants, défiant les lois en vigueur et faisant fi des règles élémentaires de la  bonne conduite et du comportement civilisé.

Le temps de  l’indignation et de la condamnation étant dépassé, l’heure n’a-t-elle pas sonné pour que les pouvoirs publics s’arment du courage et de l’audace requis pour assumer, sans hésitation, leur responsabilité en appliquant, avec vigueur et fermeté, la  loi à l’encontre des contrevenants.

La loi, rien que la  loi.

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