Plusieurs citoyens comparent la situation économique actuelle à celle qui a prévalu au lendemain de l’Indépendance, quand la Tunisie n’avait presque rien et que le nombre de ses cadres était fort limité. Pourtant, sous la conduite du leader Bourguiba et avec la collaboration de plusieurs compétences, notre pays a pu relever le défi économique et établir des performances dont nous tirons profit jusqu’à aujourd’hui. Or, en optant pour la comparaison entre les deux époques, il est nécessaire de faire des nuances.

C’est que les facteurs qui prévalent actuellement ne sont pas les mêmes que ceux vécus des années plus tôt. Certains économistes pensent même que la comparaison ne peut pas se faire. En effet, la Tunisie post-indépendante avait l’appui de presque tous les pays du monde et particulièrement celui de l’Union européenne qui a fourni une aide financière et une assistance technique afin de faire démarrer les différents secteurs. De plus, l’Europe a ouvert le marché pour recevoir les marchandises tunisiennes dans le cadre des quotas, ce qui a permis à notre pays d’exporter des quantités importantes d’huile d’olive, entre autres. Au niveau intérieur, le président Bourguiba avait une légitimé historique, lui qui a libéré la Tunisie  de l’occupant.

Personne n’osait dire non à sa politique ni faire opposition à ses choix. Plus tard, un embryon opposant a fait son apparition à travers certains partis et la centrale syndicale. C’était une occasion pour le pouvoir en place qui accapare le seul support d’information télévisé d’imposer sa vision et d’appliquer sa politique économique et financière en toute sécurité. Le cas ne se présente pas, actuellement, de cette façon, même si, après la révolution, les pays amis et frères ont prêté main-forte à  la Tunisie sous forme de dons, de crédits et d’assistance technique pour assurer la transition politique et économique.

Mais les réformes convenues avec le Fonds monétaire international n’ont pas encore abouti. Les pouvoirs publics craignaient sans doute un revers de la médaille lors de l’application desdites réformes très délicates qui touchent la Caisse générale de compensation, la masse salariale et les Caisses sociales. On assiste déjà à des émeutes des jeunes, au cours de ces derniers jours, et ce, en l’absence de solutions pertinentes pour l’emploi, le développement et la création de projets. Aujourd’hui, le chef de l’Etat et le chef du gouvernement n’ont plus  l’immunité «historique» de l’équipe qui a gouverné au lendemain de l’Indépendance. En outre, il faut mettre en exergue le problème de la gouvernance qui s’est caractérisée actuellement par des lacunes. Les partis au pouvoir sont de nos jours puissants et ont leur mot à dire sur la politique adoptée sans oublier l’opposition, les prérogatives du chef de l’Etat, et la liberté d’expression qui a donné à tout un chacun la possibilité de parler, de critiquer et même de faire des tiraillements infertiles.

Charger plus d'articles
Charger plus par Chokri GHARBI
Charger plus dans Economie

Laisser un commentaire