Les interventions des députés, mardi, à la plénière de vote de confiance aux ministres proposés se sont articulées autour de la relation entre les deux têtes de l’Exécutif l’opinion de Kais Saied sur remaniement ministériel.

Pour certains, soumettre le remaniement à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) est « légal », contrairement aux déclarations du chef de l’État lors du Conseil des ministres tenu la veille. Ils ont appelé Kais Saied à surpasser les conflits politiques et à assumer son rôle de rassembleur.

Le député Iyadh Elloumi (Qalb Tounes) a mis en garde le chef de l’État contre la violation des dispositions de la Constitution s’il refuse que les ministres proposés, suspectés dans des affaires de corruption, prêtent serment devant lui.

« La Constitution permet au chef du gouvernement de procéder à un remaniement ministériel et permet, aussi, au parlement de retirer la confiance au président de la République en cas de violation grave de la Constitution », a-t-il rappelé.

De son côté, Hayet Amri (Ennahdha) a fait remarquer que le président de la République « doit représenter tous les Tunisiens et non l’opposition uniquement », estimant que « seule la justice est habilitée à trancher. »

Pour le député Fares Blel (Qalb Tounes), il y a une intention de tenir le chef du gouvernement responsable de la détérioration de la situation dans le pays depuis 10 ans, appelant le chef de la l’État à tenir l’institution de la présidence de la République loin des tiraillements politiques.

Zouhaier Makhlouf (hors groupe) a, pour sa part, estimé que le président de la République est appelé à identifier des solutions pour ce « peuple appauvri », notamment en collaborant avec le chef du gouvernement qui, a-t-il rappelé, l’avait choisi lui-même. Il a appelé Kais Saied à « cesser de nourrir les tensions ».

De son côté, Zouhaier Maghzaoui (bloc démocratique) a déclaré que « Mechichi aurait dû présenter, aujourd’hui, des solutions au chômage et à la pauvreté et non pas présenter un remaniement ministériel dans lequel il propose des ministres impliqués dans des affaires de corruption ».

Quant au député Ali Hermassi du bloc La Réforme, il a estimé que la scène politique requiert une réforme du système politique et de la loi des associations, mettant l’accent sur la nécessité d’établir une trêve politique et sociale et mettre l’actuel gouvernement devant ses responsabilités.

Pour sa part, la présidente du bloc du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, a, plutôt réclamé le retrait de confiance au président du parlement Rached Ghannouchi et du chef du gouvernement, critiquant les tiraillements politiques observés entre les deux têtes du pouvoir exécutif.

« Ce qui s’est passé, lundi, à la réunion du Conseil de sécurité a porté atteinte à la sécurité publique ». Elle a, dans la foulée, souligné qu’il n’est pas prévu par la Constitution de soumettre le remaniement ministériel au vote du parlement.

Moussi a, par ailleurs, fait part de l’indignation d’un grand nombre des forces nationales à l’égard de l’absence de femmes dans le gouvernement proposé.

De son côté, le député Walid Jalled (Tahya Tounes) a estimé que le vote ministre par ministre est « une première » ayant pour but d’exercer une pression sur le chef du gouvernement et nuire à ses prérogatives ».

Il s’est dit étonné « du soutien, d’un côté, du président de la République aux revendications des jeunes manifestants et, d’un autre, ses critiques au chef du gouvernement qu’il l’avait, lui même, désigné comme étant la personnalité la plus apte à répondre aux attentes de ces jeunes ».

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