L’ agriculture intensive, le travail du sol, la monoculture, le surpâturage, l’expansion urbaine, la déforestation et les activités industrielles et minières contribuent à accélérer l’érosion des sols.

Le niveau d’érosion du sol provoqué par le travail de la terre ou le pâturage intensif est plus important que celui provoqué par la végétation indigène ou que la vitesse de formation du sol. Près de 90% des sols à travers le monde sont menacés d’érosion d’ici 2050, prévient l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un récent rapport intitulé «L’érosion des sols: le plus grand des défis pour parvenir à une gestion durable des sols».

Les auteurs de cet ouvrage soulignent que «nous sommes en train d’épuiser une ressource non renouvelable», appelant à atténuer les impacts du vent, de la pluie et des techniques agricoles industrielles qui accélèrent l’érosion des sols «avant que le monde ne se retrouve face à des pertes énormes au niveau de ses rendements agricoles et de ses écosystèmes dont les fonctions sont essentielles».

«L’agriculture intensive, le travail du sol, la monoculture, le surpâturage, l’expansion urbaine, la déforestation et les activités industrielles et minières contribuent à accélérer l’érosion des sols, ce qui peut conduire à des pertes de récolte allant jusqu’à 50%», a indiqué Maria Helena Semedo, directrice générale adjointe de la FAO, à l’ouverture d’un symposium organisé à Genève. 

Selon la responsable à la FAO, si les particules de carbone organique sont les plus vulnérables et sujettes à disparition, l’érosion peut également compromettre la capacité des sols à atténuer le changement climatique et à s’y adapter, entraînant de la sorte «un cercle vicieux» dans lequel les événements météorologiques extrêmes et l’érosion des sols se renforcent entre eux.

Le meilleur moyen de lutter contre le phénomène de l’érosion des sols reste le couvert végétal qui peut contribuer à réduire l’érosion éolienne de plus de 80% et à améliorer la capacité du sol à absorber l’eau. 

Selon la FAO, «la restauration de quelques centimètres de sol peut prendre jusqu’à 1.000 ans. Par conséquent, si nous voulons assurer la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition à l’avenir, nous devons dès à présent prendre soin de notre sol».

L’équivalent d’un terrain de football s’érode toutes les cinq secondes, affirme la FAO, soulignant que l’érosion est l’une des principales menaces qui pèsent sur les sols et sur la sécurité alimentaire.

L’érosion est définie comme l’élimination de la couche arable par l’eau, le vent ou des activités agricoles non durables telles que le travail intensif du sol, sachant qu’une partie de l’érosion des sols est naturelle et se produit dans toutes les conditions climatiques et sur tous les continents. Une grande partie de ce phénomène est due, néanmoins, à des activités humaines non durables, dont le surpâturage, l’agriculture intensive et la déforestation, qui peuvent multiplier par 1.000 le taux d’érosion des sols.

«L’accélération de l’érosion des sols peut avoir des conséquences désastreuses pour nous tous. Si nous n’agissons pas maintenant, plus de 90% des sols de la surface de la terre pourraient se dégrader d’ici à 2050», a averti la FAO.

Les zones boisées, les forêts et les arbres dans les villes et leurs périphéries permettent le stockage du carbone et l’élimination des polluants atmosphériques en plus de la restauration des sols dégradés et la prévention des sécheresses et des inondations, selon la FAO. A titre d’exemple, dans une ville de taille moyenne, les arbres urbains peuvent réduire la perte de sol d’environ 10.000 tonnes par an.

En Tunisie, le phénomène affecte environ 75% du territoire national à des niveaux différents (sérieuse dégradation, moyenne dégradation et faible dégradation), selon le ministère des Affaires locales et de l’Environnement. 

La lutte contre ce phénomène est devenue plus inclusive, en raison de la relation entre les enjeux sociaux et économiques et les sujets environnementaux importants liés au changement climatique et à la conservation de la biodiversité.

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