L’acteur Monem Chouyaet a, comme nouveau projet, d’interpréter « La contrebasse » de Patrick Suskind et pour cela il s’est mis à apprendre à jouer de cet instrument car il veut le faire vibrer en live. Nous l’avons rencontré au Rio là où il anime un atelier de théâtre pour enfants. 

Vous animez un club de théâtre pour enfants au Rio tous les week-ends …. Pourquoi les enfants ?

C’est un travail qui m’intéresse parce que je remarque que les enfants ont vécu une période désagréable pendant ces confinements répétitifs. Ils sont restés enfermés devant une télé ou devant un ordinateur. Ils ont donc besoin d’être dans une dynamique où ils peuvent bouger autrement et échanger à travers les situations que je leur propose. Plus que jamais les enfants ont besoin de faire du théâtre pendant cette crise que nous traversons. Avec Habib Belhadi nous avons décidé de réaliser cette idée au Rio.

Selon vous, quel effet a eu le confinement sur les enfants ?

Nos enfants sont les victimes de la situation sanitaire en général, de leurs parents, de leur école et même de la société. Les enfants ont besoin de contact physique et c’est naturel mais la situation leur impose une distanciation à tel point qu’ils développent parfois la peur de rentrer en contact avec l’autre. Ils se sentent quelque part isolés et ils rentrent dans une situation d’autocloisonnement. Cette crise sanitaire a pesé de tout son poids sur les enfants qui se retrouvent parfois face à des rythmes scolaires morcelés et des vacances à l’improviste ce qui les sort de leur schéma mental habituel.   

Parlez-nous de votre projet du documentaire  

C’est un projet soutenu par le Fonds d’encouragement à la création et qui consiste à travailler avec des insuffisants moteurs sur des ateliers de costumes, de maquillage et de photos. Ce sont ces ateliers qui seront filmés et feront l’objet du documentaire qui se fera en présence de ces personnages pendant le tournage d’un film de fiction co-réalisé par Nidhal Chatta et moi-même. Ce film est inspiré du roman de Daneil Keyes « Des fleurs pour Algernon». C’est une œuvre que j’ai d’ailleurs interprétée au théâtre. 

Cela dit, à moyen terme, je compte mettre en scène et interpréter pour le théâtre la pièce de Suskind « La contrebasse ». Je suis en train d’apprendre à jouer avec cet instrument. L’objectif est de jouer la contrebasse en « live » et ne pas utiliser une bande sonore de l’instrument.

Comment  vivez-vous le confinement ? … Comment vous vous en sortez ?

Sincèrement un confinement est très désagréable cela peut mener jusqu’à la dépression. Personnellement j’arrive à m’en sortir grâce à mon travail d’enseignant à l’Institut supérieur d’art dramatique, au sport et à la lecture … Beaucoup de lectures…  Romans et pièces de théâtre. Oui, les personnages de romans et des pièces que je lis me sauvent de l’actualité triste de cette crise sanitaire. 

La culture est-elle le secteur le plus touché par la politique ?

La culture a payé, en effet,  le prix fort dans ce sens. Les décideurs confondent la culture avec l’art c’est-à-dire la musique, le théâtre et le cinéma entre autres, alors que la culture fait partie de notre quotidien, de notre comportement de tous les jours. La culture c’est un travail au quotidien pour élever le niveau d’un peuple mais pas que dans les salles obscures. Il faut cultiver le sens du beau chez les gens car   quelqu’un de cultivé est quelqu’un qui a le sens du devoir. 

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