Ramenés aux soucis de l’heure, quasiment tous à présent ! Les sondages parlent de plus de deux tiers de pessimistes. Qui se réfère à la perception commune, à ce qui se meut au dehors, à ce qui se «manigance» au dedans, conclut, bien sûr, à davantage.

Au ras-le-bol total. Pas moins.

Nos problèmes sont connus. Datent déjà. En quelques mots simples, par«petites craintes» habituellement égrenées : chômage, pauvreté, crise des institutions, crise des finances de l’État, crise sanitaire, qui plus est.

Ce qui se sait peut-être moins, mais ce que tout le monde pressent, c’est l’imminence du résultat, la facture que le pays s’apprête peut-être à payer dès demain.

Le chômage et la pauvreté affichent vite leurs conséquences. Le plus tôt. Le gouvernement a beau insister sur l’aspect «délinquant» des dernières manifs, celles-ci n’en rappellent pas moins les flambées de janvier 2011. Générales, authentiques, revendicatrices, excédées.

Les manifs jeunes de janvier 2011 ont conduit droit à l’éviction d’une dictature policière. Le risque existe pour M. Mechichi et le modèle plutôt répressif qui semble l’inspirer. Le plus sage pour lui, comme pour ceux qui l’approuvent, est de s’en tenir à une appréciation réaliste et objective du contexte. Le chômage et la pauvreté n’ont jamais atteint ces chiffres. La jeunesse est à bout. L’explosion est à nouveau possible. Les Tunisiens le pressentent. Les gouvernants se plaisent, comme, à l’ignorer. Attention !

Gare aussi à l’état des finances. Au surendettement astronomique qui nous étouffe et que nous négligeons en toute apparence. Le FMI ouvre le dossier Tunisie tantôt. Comment lui répondre ? Comment rembourser ces millions de milliards venus à échéance ? Comment emprunter encore pour assurer les besoins urgents ? De cela encore, à distance de semaines et de jours, nul ne sait à vrai dire. Le «prioritaire», en lieu et place? Un conflit des pouvoirs dont on ne voit toujours pas l’issue. Président de la  république contre président de l’assemblée, et un premier ministre «ballotté» entre les deux camps. Le risque le plus grave pour finir. Probablement le plus imminent.

Le corona. La planète entière «écope». La différence réside néanmoins dans la stratégie, dans la manière de faire face, de faire front. A notre avis, surtout dans la capacité d’anticipation. Des difficultés diverses ont marqué le cours de l’épidémie depuis février 2020. Problème des masques, problème du confinement, problème des frontières, et pour finir problème des vaccins et problème des variants. Les pays les plus nantis ont commencé par se tromper d’approche, par commettre des erreurs et par en payer le tribut. Mais avec le temps et l’observation, ils entrevoient les solutions aujourd’hui. Communication de crise, maîtrise du système de santé, préparation des vaccins, anticipation des mutations du virus essentiellement. La Tunisie a réussi à effacer une première vague grâce à un confinement intégral économiquement coûteux. Elle a rouvert ses frontières et elle compte ses victimes depuis. Elle semble même perdre le fil de la crise. Vraisemblablement du retard dans la commande du vaccin. Et la plus grosse crainte : l’éventualité de l’arrivée des variants sans l’existence d’un vaccin.

Un pays sans grands moyens, un système sanitaire épuisé, une population mal ou peu informée, des vaccins absents, et des variants de virus qui circulent trois fois plus fort. Voilà ce que peut coûter le manque d’anticipation.

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