54,9% des entreprises ont déclaré rencontrer des difficultés d’accès aux services financiers, 52,1% ont signalé des difficultés d’approvisionnement en matières premières et 48,9% sont confrontées à une baisse du nombre d’heures effectuées.

Une baisse du chiffre d’affaires a été enregistrée en novembre 2020 touchant 86% des entreprises, par rapport à l’année précédente, et ce, contre 82,3% en juillet 2020 et 88,8% en avril 2020, indique le résultat d’une enquête relative à l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le secteur privé en Tunisie, publiée par l’Institut national de la statistique (INS) ce jeudi 18 février. Ainsi, plusieurs entreprises opérant dans différents secteurs d’activité ont vu leur chiffre d’affaires baisser pour cause de manque d’activité. En effet, la production a connu une dégringolade inquiétante alors que les ventes aussi bien pour le marché local que pour l’exportation ont enregistré une chute alarmante.

Ces problèmes ont obligé plusieurs entreprises à fermer leurs portes et à mettre à la rue des centaines d’ouvriers et d’agents, ce qui a gonflé le nombre de chômeurs. D’autres entreprises ont choisi de changer de vocation afin de maintenir leur activité comme c’est le cas pour les entreprises de textile-habillement qui se sont spécialisées dans la fabrication des bavettes, une activité dérisoire qui n’a rien à voir avec la vocation initiale de ces unités  de production. Tous les professionnels attendent l’amélioration de la situation avec l’arrivée des vaccins anti-Covid prévue au mois de mars.

Il faut dire que le confinement général décrété par les pouvoirs publics lors de la première vague de la pandémie a pesé de tout son poids sur l’activité des entreprises qui ont été appelées à alléger le nombre des travailleurs en vue d’atténuer la propagation du coronavirus. Certaines unités prioritaires comme celles qui relèvent des industries alimentaires ont été invitées à poursuivre leur activité afin de continuer à approvisionner le marché en produits alimentaires.

Baisse des liquidités

Malgré une légère amélioration post-déconfinement, la crise sanitaire a fortement perturbé les activités des entreprises, constate cette étude réalisée en décembre 2020 par l’Institut national de la statistique en collaboration avec la Société financière internationale (IFC), membre de la Banque mondiale.

Certains contrats entre des entreprises tunisiennes et leurs homologues étrangères ont été tout simplement été résiliés dans la mesure où le trafic aérien et maritime a été suspendu pour quelque temps.  Selon la même source, 86,4% des entreprises ayant continué à fonctionner ont enregistré une baisse de leurs liquidités, 79,5% ont connu une baisse de la demande adressée, 54,9% ont déclaré rencontrer des difficultés d’accès aux services financiers, 52,1% ont signalé des difficultés d’approvisionnement en matières premières et 48,9% sont confrontées à une baisse du nombre d’heures effectuées.

En fait, l’accès au financement constitue sans doute le premier problème des entreprises sinistrées.

Malgré les aides annoncées par les pouvoirs publics, certaines entreprises n’ont pu avoir accès aux sources de financement bancaire.Si les banques ont accepté le report des échéances de remboursement des crédits arrivés à terme, la majorité a refusé d’accorder de nouveaux crédits à ces entreprises qui sont devenues insolvables dans la mesure où elles n’ont pas encore réglé leurs anciens crédits, et ce, malgré l’appel lancé par la Banque centrale de Tunisie (BCT) aux banques pour participer plus activement au soutien des entreprises qui passent par des difficultés conjoncturelles afin de leur permettre de surmonter les problèmes rencontrés et pouvoir ainsi préserver les postes d’emploi.

Passer à l’étape suivante

Les entreprises qui souhaitent bénéficier des aides de l’Etat ont été tenues à s’engager à préserver les postes d’emploi.

C’est un élément important qui doit être respecté par toute entreprise qui passe par des difficultés conjoncturelles.

A noter que certaines entreprises ont demandé aussi un report du règlement de leur impôt auprès de l’administration fiscale, et ce, pour alléger un tant soit peu les dépenses, vu les pressions exercées sur leur budget.

L’Etat a accepté aussi de donner une suite favorable à cette demande en reportant le paiement des impôts sur les sociétés pour une autre date. Mais malgré ces facilités, les entreprises passent encore par des difficultés inouïes qui risquent de laisser des traces dans le budget de fonctionnement et de gestion.

Parmi les secteurs les plus touchés par cette crise, on peut citer ceux du tourisme, du transport et de l’industrie. Ainsi, des restaurants, des hôtels, des agences de voyages, des cafés, des industries du textile-habillement et du cuir et chaussures se trouvent dans une situation peu enviable à cause d’un manque à gagner qui a trop duré.

Certaines entreprises appartenant à ces secteurs ont même été contraintes de fermer leurs portes et de licencier leurs employés.

Tous les regards sont, aujourd’hui, braqués sur les vaccins anti-Covid qui constituent le début de l’éradication de cette pandémie même si les précautions d’usage doivent toujours être prises en compte.

Quoi qu’il en soit, les pouvoirs publics ont jugé bon de réactiver la plateforme de demande d’aides aux entreprises afin de permettre à celles qui n’ont pas pu en profiter d’envoyer de nouveau leurs demandes dans une perspective de bénéficier d’un soutien de l’Etat en vue de permettre à ces unités de production de continuer leur activité et surtout de préserver ce qui reste des postes d’emploi.

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