La rue tranchera-t-elle finalement la grande polémique qui oppose, depuis près d’un mois maintenant, les forces politiques soutenant le remaniement ministériel opéré par Hichem Mechichi, Chef du gouvernement et les partis politiques, associations de la société civile  et  personnalités nationales qui s’alignent sur la position maintes fois réaffirmée par le Président Kaïs Saïed et son entourage immédiat, dont en premier lieu son frère le Pr Naoufel Saïed considérant que la solution exclusive à la crise actuelle passe inéluctablement  par l’acceptation de Mechichi de retirer les ministres soupçonnés de conflit d’intérêts ou par sa démission, ce qui ouvrira la voie à la désignation par le Président de la République d’une nouvelle personnalité qui aura la charge de constituer un nouveau gouvernement.

Et les deux protagonistes, en l’occurrence les deux têtes de l’exécutif, c’est-à-dire Kaïs Saïed et Hichem  Mechichi, de camper sur leurs positions initiales, encouragés à fond par leurs entourages et proches qui les confortent quotidiennement qu’ils sont dans le droit chemin, qu’ils ont raison d’agir ainsi et que la loi et la Constitution leur donnent entièrement raison.

Sauf que les spécialistes et les politologues qui conseillent aussi bien Saïed que Mechichi oublient ou veulent ignorer que dans la situation actuelle du pays, les Tunisiens n’ont point besoin de savoir qui a tort ou qui a raison dans ce bras de fer opposant les deux personnalités assumant la charge historique de conduire le pays sur la voie de la consécration de la transition démocratique.

Et les développements quotidiens de la crise de prouver que les Tunisiens s’attendent plutôt à l’émergence d’une personnalité qui aura la crédibilité et l’aura nécessaires pour rapprocher les points de vue des deux “belligérants”, les convaincre que l’entêtement ne fera que pourrir davantage la situation et les amener à la table du dialogue et du consensus, les deux valeurs cardinales qui ont le mérite historique d’avoir contribué à sauver le pays, à plusieurs reprises (et pas plus tard qu’en 2013), de sombrer dans le chaos et l’inconnu.

La multiplication des initiatives appelant à un dialogue national dont le but serait de parvenir à une solution consensuelle de la crise, même si plusieurs parties n’hésitent pas à mettre en cause la sincérité, la crédibilité ou les véritables objectifs des auteurs de ces mêmes initiatives, il est légitime de dire que le déferlement des propositions et des approches de solutions ouvre la voie à ceux qui préfèrent le dialogue et la concertation pour l’emporter face à ceux qui sont pour les solutions extrêmes.

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