Encore une polémique, encore un air de scandale lors d’une assemblée élective d’une fédération sportive. Il s’agit de la Ftvb qui a un président à vie, à savoir Firas Faleh et qui, comme d’autres présidents, se présente seul aux élections et gagne avec l’appui «ferme» des clubs. Ces derniers, pour les avantages que l’on connaît, votent sans se soucier de quoi que ce soit. Ce n’est pas cela le problème du tout, finalement, Firas Faleh est comme les autres présidents qui s’attachent corps et âme au poste «alléchant» de président de l’instance fédérale. Le problème et la polémique soulevés concernent les rapports financiers de deux exercices. Eh bien, malgré le refus du commissaire aux comptes (expert comptable), dont le statut et les connaissances font foi, de certifier et d’entériner ces rapports financiers à cause des irrégularités comptables et des soupçons de mauvais usage des fonds publics, les clubs présents ont décidé d’approuver ces deux rapports pratiquement biaisés. Une première d’après ce qu’on sait. Pis, l’expert comptable est, tenez-vous bien, soupçonné d’être partial et de fausser son rapport par «solidarité» avec l’ancien président de la Ftvb! Un vrai «cirque» où les règlements et les procédures de gouvernance sont bafoués par des clubs qui ne connaissent rien des règles de la comptabilité et de l’audit. Avec les soupçons qui entourent le président de la Ftvb (la fameuse affaire du Championnat arabe des clubs) et l’investigation qui a décelé des irrégularités, il fallait arrêter toute l’opération électorale. Probablement, demander l’avis d’un second commissaire aux comptes même si la certification des comptes est une technique scientifique et minutieuse.

Au lieu de s’arrêter, le nouvel-ancien président charge les clubs (soumis et «complices») d’attaquer le commissaire aux comptes et de terminer les élections. Où va-t-on avec ce «banditisme» ? Où va-t-on avec ces présidents impliqués dans des affaires douteuses et qui balancent des rapports financiers non certifiés et rejetés même par le commissaire aux comptes? Firas Faleh est allé loin, très loin, en ignorant les règlements. En même temps, la ministre des Sports ferme les yeux et lui trouve une faille pour échapper aux rapports et aux enquêtes opérées. A chaque fédération donc une impunité et une marge pour faire ce qu’elle veut. Au nom de la démocratie en sport, les clubs se mettent au-dessus de la loi, font ce qu’ils veulent. Attention, il ne faut pas s’en prendre à eux, ce sera de l’ingérence politique, ce sera du copinage et des accusations infondées. On n’aura plus besoin de commissaires aux comptes pour certifier les rapports financiers, ce sera un détail alors ! Firas Faleh ne devra pas se soucier, à l’image des autres présidents des fédérations, le sport tunisien est décidément une grande farce !

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