Elle s’appelle Héla Ayed, le grand public l’a découverte et la découvre encore grâce à sa saisissante interprétation dans le feuilleton ramadanesque «Nouba» où elle crève l’écran! Elle y campe le personnage de Wassila, une femme borgne de caractère qui évolue et s’impose dans un milieu machiste. Elle a la charge de s’occuper des danseuses qui accompagnent les «mzaoudia» (chanteurs de mezoued). Un personnage attachant qui, sous le masque de la dureté et de l’inflexibilité, cache un cœur tendre malmené par la vie et par les hommes, des traumatismes dont les traces indélébiles marqueront à jamais son visage.
Elle a su s’affranchir des clichés et autres surdosages pour nous offrir une interprétation juste et authentique, sans fioriture aucune, sans pathos, sans hystérie. Son jeu a su rendre justice à la subtilité et à la finesse des dialogues et à l’authenticité de l’ambiance offerte par ce feuilleton merveilleusement orchestré par le talentueux Abdelhamid Bouchnak. Bourrée de talent et authentique, Héla trace avec beaucoup de passion son bout de chemin. Portrait
Héla Ayed est née le 3 juillet 1979 à Nabeul. Elle a suivi des études de gestion et a obtenu le titre de docteur fin 2007. En 2008, elle renoue avec sa passion pour la scène et intègre une formation d’acteur studio au sein d’El Teatro où elle est formée sous la direction de Taoufik Jebali. D’ailleurs, c’est dans le cadre de ces activités qu’elle a fait la connaissance de Abdelhamdi Bouchnak qui deviendra par la suite un complice et un partenaire de travail. Elle supervise également d’autres ateliers de construction de personnage et d’improvisation. Actuellement et en parallèle à ses activités artistiques, elle est enseignante universitaire en marketing.
En tant que comédienne, Elle a pris part à plusieurs pièces de théâtre, entre autres, «Manifestou Essourour» en 2008 sous la direction de Taoufik Jebali, et «Caillasses», en 2013, sous la direction du metteur en scène français Jean-Luc Garcia avec lequel elle va collaborer de nouveau, en 2015, dans la pièce « Femmes », une adaptation du texte « Huit femmes » de Robert Thoma. Elle a collaboré avec plusieurs autres metteurs en scène, à l’instar de Moez Gdiri, Naoufel Azara, Ghazi Zaghbeni et Soumeya Bouallegui. Elle a eu l’occasion de participer à l’ouverture du Festival international de Hammamet 2014 et à la clôture du Festival arabe de théâtre à travers la pièce de théâtre de Taoufik Jebeli «Klem Ellil zéro virgule». En 2017,Héla s’essaye à la mise en scène en adaptant le texte d’Ariel Dorfman « La jeune fille et la mort », une pièce dans laquelle elle joue également en compagnie de Abdelhamid Bouchnak et Mohamed Zarrami.
La pièce est programmée au Festival international de hammamet en juillet 2018. Une grande complicité s’installe entre elle et Abdelhamid Bouchnak, qui la sollicitera pour jouer dans son court métrage « bonbon » et par la suite pour son long métrage «Dachra» sorti en 2019 et qui a connu un grand succès à l’échelle nationale et internationale. Elle y joue le rôle de Monjia, un personnage intrigant qui a nécessité, comme elle nous l’explique, beaucoup de profondeur dans le jeu. Vient ensuite l’expérience «Nouba» et son personnage «Wassila», un personnage qu’elle estime très fort de par sa présence et qui a été admirablement écrit par Abdelhamid qui n’a cessé de le faire évoluer.
De cette expérience, elle retient le côté humain, la rencontre de tous ces talents dont certains d’entre eux ont déjà collaboré ensemble dans Dachra, une bonne ambiance, beaucoup d’amour et l’occasion de collaborer avec des comédiens de grandes expériences. Elle retient aussi le professionnalisme de l’équipe technique. «Ce fut une expérience mémorable qui me fait en même temps un peu peur car avec le personnage de Wassila, j’ai mis la barre très haut», nous confie-t-elle et d’ajouter : «Je ferai en sorte d’opter pour des choix qui en seront à la hauteur». En tant que comédienne et actrice, c’est avec passion et exigence que Héla aborde la scène dans laquelle elle cherche, avant tout, son épanouissement personnel.
Les sujets qu’elle aimerait traiter au théâtre sont ceux à «la simplicité percutante» qui toucheraient plus à la réalité quotidienne. Elle se dit très contente de la reconnaissance du spectateur, la télé a pu fédérer des gens du théâtre, elle aimerait que cela réconcilie le grand public avec les planches. Bonne continuation Héla!
Meysem M.

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