De notre envoyée spéciale à Cannes Samira DAMI
Ce soir aura lieu la proclamation du palmarès par le jury de la 72e édition du festival de Cannes présidé, cette année, par le cinéaste mexicain Alejandro González Iñárritu. Les pronostics vont bon train sur la croisette, quoiqu’il reste deux films importants à voir et qui pourrait figurer, également, dans le palmarès, «Mektoub my love : intermezzo» du Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche et «It must be Heaven» du Palestinien Elia Suleiman.
Mais, jusqu’ici, les films qui nous ont séduits par la puissance de leur propos et l’inventivité de leur forme sont sans conteste «Parasite» du Sud-Coréen Bong John-Hoo, qui par son propos est très proche de «Une Affaire de famille» du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda qui a obtenu la Palme d’Or lors de la précédente édition de Cannes. Les deux opus se focalisant sur les oubliés de la société qui usent de ruses pour survivre dans ce monde où les pauvres n’ont pratiquement plus de place à l’ère du capitalisme sauvage. Mais le but de John-Hoo n’est pas de faire pleurer dans les chaumières, c’est pourquoi il opte pour le parti pris de l’humour en entremêlant les genres de la comédie sociale au gore en passant par la comédie noire. La mise en scène portée par la grâce des images et du cadre, une métaphore astucieuse, un propos pétri de sens et un excellent jeu d’acteurs dont son acteur fétiche Song Kang-Ho, qui mériterait un prix d’interprétation. Voilà des atouts artistiques majeurs pour l’obtention de la Palme d’Or ou en tout cas de figurer dans le Palmarès.
«Douleur et gloire» de l’Espagnol Pedro Almodovar, qui n’a jamais reçu la récompense suprême, quoiqu’il ait concouru à sept reprises à Cannes, est un sérieux candidat à cette récompense. Le jury de cette édition va-t-il réparer cette «injustice» en lui octroyant, enfin, ce prix si convoité et qu’il attend depuis des années. Pourquoi pas ? D’autant que la critique européenne et américaine pousse dans ce sens en lui octroyant, dans ses pronostics, le plus grand nombre de Palmes.
Ainsi, dans le tableau d’évaluation de la revue «Le film Français», les critiques lui accordent le plus grand nombre de Palmes, 11 en tout, et d’étoiles. Car, ils considèrent qu’avec «Gloire et douleur», Almodovar a réalisé un chef-d’œuvre. Cet autoportrait, entre vie intime et artistique, ne fait que confirmer la passion qu’Almodovar a pour l’art et surtout pour le cinéma, grâce auquel il émergera à la surface après une descente dans l’enfer des tourments et de la douleur causés par le doute, comme l’illustre si bien la première scène du film où on voit son alter-ego, Antonio Banderas, sortir de l’eau, après une plongée en apnée.

«La vie Cachée» est cet autre film du réalisateur américain Terrence Malik, qui propose une réflexion profonde sur le refus du fascisme et de tous les totalitarismes dans une ode à la nature. Son univers mystique et sa mise en scène éblouissante font qu’il mériterait de figurer dans le palmarès.
De son côté, «Les misérables» du Français Ladj Ly, qui se focalise sur la violence policière dans les cités françaises, est un film choc, un cri d’alerte sur la misère dans toutes les banlieues du monde. Ce film français qui a vraiment secoué la croisette ne peut être zappé par le jury.
Espérons que «Mektoub my love» de Kechiche et «It must be Heaven» d’Elia Suleiman, deux films de deux metteurs en scène importants d’origine arabe, assurent afin de pouvoir être parmi les favoris pour la Palme d’Or et autres grands prix. A suivre, donc.
S.D.

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