«Un jeune sur deux qui rentre à l’école aujourd’hui fera demain un métier qui n’existe pas. La transformation de ce monde est une réalité»

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, l’Institut français de Tunisie met à l’honneur les entrepreneuses tunisiennes innovantes dans le digital, à travers «Digital(E) — le Forum de l’innovation au  féminin».

Après les événements liés aux grands sujets de société, tels que «Visez la Lune !» en 2019, et, en 2020 «Over fifty… et alors ?». En 2021, l’Institut met en lumière, en célébrant la journée des femmes, les faiseuses d’innovation. « Cette année, nous avons choisi comme thématique le digital. Engagés que nous sommes dans l’accompagnement des startup dirigées par des femmes », indique la directrice de l’Institut, Sophie Renaud.

Un événement qui a réuni autant les professionnels (lles) du secteur que de jeunes pousses tunisiennes. Une occasion pour elles de se connecter les unes avec les autres, de montrer leur savoir-faire, et, éventuellement, de trouver des financements.

Les participantes, 22 en tout, couvrent un éventail assez large d’activités digitales, «des plateformes de vente de vêtements et de cosmétiques à des projets technologiques pointus».

Les entrepreneuses sont également assez représentatives des régions du pays. Malgré un contexte sanitaire contraignant, elles sont venues du Sud de la Tunisie, de Kairouan, de Jendouba pour y prendre part.

La question, fil conducteur de l’événement : de quoi ont besoin les entrepreneuses dans le domaine du digital ? «De visibilité complémentaire et de financements. Or, une plateforme comme celle-ci leur permet de se faire connaître.

De jeunes entrepreneuses ont eu l’occasion de présenter leurs projets devant des personnalités, y compris celles en mesure de les accompagner financièrement », se félicite la directrice de l’Institut.

Le digital est pour les femmes un outil de responsabilisation

La cour centrale abritant le Forum s’est transformée pendant trois jours en un espace d’échange, de visibilité et de réflexion. Un jeune public a été particulièrement interpellé par l’événement. «Un jeune sur deux qui rentre à l’école aujourd’hui fera demain un métier qui n’existe pas. La transformation de ce monde est une réalité», fait valoir Mme Renaud. C’est ce qui explique, sans doute, la présence de jeunes lycéens à ce presque «forum d’orientation».

L’événement, qui fait la part belle au réseautage, a organisé un salon à la rencontre des initiatives innovantes portées par des femmes, des tables rondes sur le rôle des femmes dans l’innovation ainsi que des séances de pitchs (brève présentation) faites par les entrepreneuses elles-mêmes. «Digital(E)» s’est tenu en partenariat  avec la French-Tech Tunisie et l’organisme communautaire, The NextWomen. Une initiative inaugurale qui a vocation, vu le succès, à se poursuivre, promet encore Sophie Renaud. Le Forum a pris fin hier en beauté, par l’attribution de trois prix dédiés aux «femmes innovantes» pour leurs projets (méritants), sélectionnés par un jury d’experts.

Le numérique représente aujourd’hui en Tunisie 8% du PIB. Or, les événements dédiés se font rares.

Alors que c’est un vrai créneau d’avenir qui nourrit l’innovation dans n’importe quel domaine. Le digital est, particulièrement pour les femmes, un outil d’autonomisation et de responsabilisation.

Celles-ci sont en train de découvrir ses mérites et de se l’approprier. Qu’il soit vecteur de communication ou cœur de métier, le digital est en train de révolutionner le monde. La crise sanitaire, à quelque chose malheur est bon, confirme la tendance.

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