LA large vague de contestation et d’indignation exprimée, haut et fort, par plusieurs Tunisiens, à travers les organisations et associations de la société civile sur les médias et les réseaux sociaux à l’encontre de la médiatisation excessive de l’instrumentalisation politique des repas d’iftar et des couffins du Ramadan distribués par certaines parties a finalement porté ses fruits.

Les autorités publiques ont fini par prêter une oreille attentive à ceux qui ont crié  leur indignation et dénoncé fermement les pratiques humiliantes et inadmissibles auxquelles recourent des personnes ou organisations soi-disant caritatives pour distribuer des aides alimentaires ou organiser des repas d’iftar, sous  les projecteurs des caméras de télévision avec l’incitation des bénéficiaires des aides à couvrir les «âmes charitables» des louanges et des éloges les plus inimaginables.

Le gouvernement a, en effet, décidé que, désormais, toute aide aux citoyens ayant besoin d’assistance provenant d’une association caritative ou d’une personnalité quelconque parviendra à ses destinataires par le biais des structures de l’Union tunisienne de solidarité sociale (Utss), loin de toute action à caractère promotionnel des auteurs de l’action caritative en question et en se souciant  de la préservation du respect et de la dignité des ayants droit.

Certes, les pouvoirs publics ne précisent pas clairement que leur décision vise à mettre un terme à cette campagne préélectorale dont l’objectif est d’acheter les voix de ceux qui bénéficient des services des «parties et âmes charitables» qui savent généralement choisir le moment, les personnes et les endroits où intervenir et attendre que leurs interventions soient porteuses.

Sauf qu’à voir que ces mêmes autorités ont réagi pour mettre fin, même tardivement, à cette image humiliante que certaines parties ont véhiculée des Tunisiens au cours de la première quinzaine du mois saint de Ramadan, on est en droit de considérer qu’il s’agit d’un premier pas qui doit être suivi d’autres actions à prévoir d’ici la fin du mois de l’abstinence et de la solidarité dans sa noble acception.

Aussi, espérons-nous que les festivités organisées généralement à l’occasion de la nuit du Destin (cérémonies de circoncision des enfants nécessiteux ou distribution d’habits et de jouets) se déroulent dans des conditions où la dignité des bénéficiaires d’aides sera placée au-dessus de toutes les considérations et de tous les calculs.

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