Avec plus de 55.000 détenus en 2019, les prisons tunisiennes sont surpeuplées et il est indispensable de trouver des solutions urgentes et durables pour assurer des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine.


Des cellules surpeuplées, insalubrité, matelas posés à même le sol, présence d’insectes et de rongeurs : les conditions de détention dans les prisons tunisiennes restent en deçà des critères internationaux et la situation n’a fait qu’empirer pendant la pandémie de Covid-19. Par ailleurs, dans le monde, et selon les normes internationales, le taux de détenus est de 167 par 100 mille habitants, alors qu’en Tunisie, les dernières statistiques donnent 200 détenus par 100 mille habitants, d’où la nécessité de réduire le surpeuplement dans les prisons tunisiennes.

55.000 détenus en 2019

Lors de la récente conférence périodique des directeurs de prisons et centres de rééducation des mineurs, le porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation (Dgpr), Sofien Mezghich, a indiqué que la montée en flèche des affaires criminelles en Tunisie, durant ces dernières années, est l’une des raisons derrière la surpopulation carcérale, qui, à son tour, induit des conditions de détention déplorables.

En effet, selon les statistiques fournies par les autorités de sécurité contre le crime, par rapport à 2017, le taux de criminalité en Tunisie a augmenté de 13% en 2018. Cette hausse a été expliquée par plusieurs facteurs ; outre le chômage, il y a aussi la migration irrégulière, la contrebande de la drogue et des armes, la pauvreté, la baisse du pouvoir d’achat, l’arrêt de la scolarisation…

«Entre 2018 et 2019, le nombre des détenus en Tunisie est passé de 44 à 55 mille, ce qui fait que les prisonniers sont entassés dans des cellules de plus en plus surpeuplées. Face à ce constat alarmant, la Direction générale des prisons et de la rééducation a mis en place une stratégie qui vise la décroissance pérenne de la population carcérale, tout en révisant le système législatif, sur lequel le ministère de la Justice travaille actuellement.

Ainsi, pour assurer des conditions de détention respectueuses de la dignité et conformes aux règles d’hygiène, il est prévu d’ouvrir, au bout d’un mois, une nouvelle prison au Cap Bon afin de réduire le surpeuplement dans la prison civile de Mornaguia et accroître, par la suite, la surveillance des prisons pour respecter les normes internationales», a expliqué M. Mezghich.

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