Eux, ils sont effectivement heureux et sont même à envier par la plupart des noctambules. Pourquoi? Parce que ces derniers, dans deux cas sur trois en ont d’ennuis à endurer loin de leurs bases. A commencer par les mordus des jeux de cartes qui sont obligés de s’adonner à ce plaisir dans des cafés généralement pleins comme une boîte de sardines et où il est beaucoup plus facile de… suffoquer que de s’amuser. Une fournaise où l’on vous sert après une longue attente, un café incolore et inodore, ou un verre de thé sans saveur. Et si vous quittez pour quelques instants, vous n’aurez plus droit à votre chaise !

Dehors, c’est l’autre calvaire : une circulation étouffante où il y a plus de piétons sur… la chaussée que sur le trottoir. Les acrobaties et la patience sont donc vivement recommandées pour les automobilistes  en l’absence des agents de l’ordre censés être au moins présents dans les carrefours des villes et autres axes routiers.

Quant aux amateurs des arts, il faut se lever tôt pour pouvoir trouver où garer leurs voitures, avant d’aller assister à un gala ou une pièce théâtrale. Pour les fous des balades et des virées nocturnes après l’Iftar, le moment le plus indésirable est lorsqu’on a faim et on a envie d’une «tahricha».

C’est que, dans les pâtisseries pleines à craquer, il faut patienter, jouer des coudes pour souvent se contenter de miettes! Et vous l’aurez échappé belle pour avoir évité le piège des étals anarchiques vendant, à ciel ouvert, des sandwiches au merguez! Mais ce n’est pas fini, puisque la «tournée des abus» peut parfois mal tourner et s’achever en queue de poisson, sous forme d’un acte de braquage perpétré au coin d’une rue et souvent au vu et au su des passants. Après minuit, commence à sonner l’heure du retour à la maison. Vous voulez faire vos emplettes en croissants avant de rentrer? Pas question d’échapper à la corvée de la queue à l’intérieur (et parfois en dehors) de la pâtisserie. Ensuite, par malheur, si vous n’êtes pas motorisé, c’est l’autre calvaire, celui du transport, car, en l’absence des bus, du métro et des taxis collectifs qui disparaissent de la circulation à partir de 22h00, il faut patienter et avoir des nerfs d’acier, les taxis individuels devenant une denrée rare. Et demain et  après-demain, rebelote jusqu’à la fin du mois de Ramadan. Good night!

Mohsen ZRIBI

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