Après les différents remous qui ont secoué le monde, la pandémie a derechef fait remonter à la surface de nombreuses questions. La sécurité alimentaire, les semences et leur conservation méritent une attention particulière. Et l’on se demande aujourd’hui si le monde est à l’abri de la famine et d’autres fléaux qui menaceraient son équilibre.

Plus que jamais, il y a, aujourd’hui, à travers le globe, un engagement mondial croissant pour la conservation et l’utilisation de la diversité des cultures cruciales pour les agriculteurs dans leurs efforts d’adaptation à l’évolution des conditions de culture. En Tunisie, que nenni ! Les guerres, les catastrophes, les dérèglements ne nous concerneraient pas, fort probablement. Mais, dans le pire des cas, on s’en sortira indemne, à en croire les timoniers de la barque nationale !

Bien des nations ont très bien saisi les leçons de la pandémie, notamment l’impératif qu’il y a à assurer sa sécurité alimentaire, à préserver les ressources génétiques de ses cultures. La réserve mondiale de semences du Svalbard, précieuse «Arche de Noé végétale», située à mi-chemin entre la Norvège continentale et le Pôle Nord, connaît, en effet, une affluence accrue ces derniers temps, selon certains médias internationaux.

Plusieurs pays du monde, avertis et moins avertis, y accèdent progressivement pour déposer leurs semences et protéger la diversité génétique des conflits et des catastrophes naturelles.

Cette banque de semences mondiale contient, aujourd’hui, plus d’un million d’échantillons de graines. Des institutions du Brésil, des Etats-Unis, d’Allemagne, du Maroc, du Mali, de Syrie, ou encore de Mongolie y ont déposé les leurs. La Tunisie est, quant à elle, aux abonnés absents !

Où en est la Banque nationale des gènes ?

La Banque nationale des gènes semble avoir bu l’eau des nouilles. Autrement, elle aurait été occupée à faire autre chose que de vaquer à sa mission.

«La Tunisie a une banque des gènes, mais elle serait beaucoup plus portée sur la chose politique que le volet technique», argumente le fondateur du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (Synagri), Leith Ben Becher.

De l’avis de ce professionnel et fin connaisseur du secteur agricole tunisien, les variétés autochtones anciennes étaient bonnes, mais leur productivité était limitée. «Leur rendement ne dépassait pas 20 à 25 quintaux par hectare. Aujourd’hui, on est sur des variétés sélectionnées. Il n’y a ni métagenèse ni transformation génétique sur les variétés qu’on a chez nous. L’hybridation c’est autre chose, ce n’est pas de l’OGM (organisme génétiquement modifié). L’hybridation c’est croiser deux variétés pour avoir une autre plus performante, sachant que le blé est une espèce autogame, c’est-à-dire qu’elle s’autoféconde», détaille Ben Becher.

Selon lui, la Tunisie collabore avec le Centre international d’amélioration du maïs et du blé, connu sous l’acronyme «Cimmyt» (de l’espagnol Centro internacional de mejoramiento de maiz y trigo) pour développer ses propres semences. Cette organisation sans but lucratif, sise au Mexique, a pour mission de contribuer à l’amélioration des moyens de subsistance des populations du tiers monde par l’amélioration des semences de blé et de maïs, principales cultures vivrières du monde. «Ce centre nous donne un germoplasme (les ressources génétiques ou l’ADN d’un organisme, ndlr). En Tunisie, on procède à des croisements suite auxquels on a des lignées de populations qui sont obtenues à l’hydrate, dont l’Institut national d’urgence économique est le seul détenteur», fait remarquer l’ancien président du Synagri.

Coopération internationale pour des semences variées

En vertu d’un accord signé avec l’Union internationale de la protection des végétaux (Upov), la Tunisie, pour avoir les semences d’autres pays sur certains produits comme le maïs, le colza, les tomates, a respecté le droit de propriété de leurs obtentions végétales.

«Nous, Tunisiens, on a également les nôtres enregistrées et les organismes de multiplication qui sont, soit des coopératives, soit des sociétés anonymes, achètent et payent des droits à l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (Inrat)», fait savoir Ben Becher.

Sur un autre plan, il fait observer que certaines semences ont été soit emportées pendant la colonisation soit échangées, atteignant ainsi la France, l’Amérique et d’autres coins du globe. Pour conserver des semences, détaille-t-il, il faut des conditions bien précises et des normes. Les semences récemment ramenées d’Australie étaient conservées bien comme il se doit, conformément aux conditions requises, d’après la même source.

Dans un monde peu stable, la Tunisie n’a, au demeurant, pas d’autre choix que de bien conserver ses semences et ressources génétiques, non seulement dans le territoire national, mais également à Svalbard en Norvège, dans la plus grande réserve de graines au monde. Car le cours de l’histoire ce n’est pas du tout la tranquillité, et le monde se montre en pleine ébullition.

«La Réserve mondiale de semences est une sorte d’Arche de Noé végétale creusée dans les glaciers en Norvège.

Ce projet a pour objectif affiché de conserver des graines de tous les endroits du globe, avant qu’elles ne disparaissent, préservant pour les générations futures une indispensable biodiversité. Les États et institutions dépositaires restent propriétaires des semences et peuvent les récupérer à leur convenance».

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Un commentaire

  1. Toumi

    24/03/2021 à 14:09

    Si je ne m’abuse : Un peu d’effort pour la fluidité du style !.

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