L’industrie tunisienne bat de l’aile dans la mesure où elle a été fortement impactée par la Covid-19. Ainsi, plusieurs entreprises ont vu leur chiffre d’affaires chuter vertigineusement et sont même allées jusqu’à alléger leur effectif en mettant au chômage technique une partie des travailleurs. A l’origine d’une telle situation la récession de la demande aussi bien au niveau local qu’au niveau international. Les pays importateurs des produits industriels, y compris dans la marché traditionnel,  n’ont pas renouvelé leur demande pour diverses raisons. Maintenant, il faut penser à l’après-Covid en ciblant de nouveaux marchés intéressés par l’acquisition des produits industriels tunisiens qui ont atteint un niveau de perfection acceptable et dont les prix de vente sont très  compétitifs. C’est le cas, à titre d’exemple, du secteur du textile-habillement qui est soumis à plusieurs pressions vu les exportations massives des pays asiatiques qui ont inondé les marchés européen et africain. A cela s’ajoutent  les appellations d’origine appliquées depuis quelques années sur tous les produits et articles produits par tous les pays,  y compris la Tunisie. Malgré la qualité des produits « Made in Tunisia », notamment dans la moyenne gamme (tricot, tee-shirt, pantalon de ville), plusieurs pays importateurs ne les acceptent pas et préfèrent les articles produits en sous-traitance qui portent l’étiquette d’une entreprise donneuse d’ordre.

En fait, l’industrie tunisienne fait partie de tout un écosystème international auquel  il faut tenir compte pour s’y adapter. L’essentiel est de faire tourner les unités de production locales en stimulant les ventes pour l’export quitte à redonner la place à la sous-traitance. Il faut reconnaître que celle-ci a permis de forger le secteur du textile depuis les années soixante-dix et quatre-vingt avant de diminuer sensiblement au cours des années quatre-vingt-dix et les années suivantes. Maintenant, le temps est venu pour revoir les besoins du secteur du textile-habillement en ouvrant la voie, une nouvelle fois, à la sous-traitance sous forme de partenariat avec les grandes marques internationales pour pouvoir dynamiser l’activité dans toutes les unités de production qui se trouvent, actuellement, dans une situation embarrassante compte tenu de la léthargie qui a frappé comme un coup d’épée un secteur qui compte des milliers de travailleurs de diverses catégories. Au lieu de renforcer l’encadrement au sein de ces unités de production, plusieurs entreprises ont viré leurs travailleurs afin d’alléger, un tant soit peu, les charges financières et rester debout. Le secteur du textile-habillement n’est qu’un secteur parmi tant d’autres dans l’industrie manufacturière qui a souffert des effets sordides de la crise de la Covid-19. L’heure est venue pour réfléchir sur l’après-pandémie et identifier des solutions pertinentes susceptibles de promouvoir davantage les exportations.

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