Malgré un contexte économique, social et sanitaire particulièrement compliqué et défavorable, l’association TSC a réussi à transformer son projet en une réalité durable, et annonce, aujourd’hui, le lancement de la phase d’implémentation et d’opérationnalisation du programme ‘’Tunisian Smart Cities’’.

L’association Tunisian Smart Cities (TSC), en partenariat avec l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites), l’Instance générale de partenariat public-privé (Igppp), et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) vient d’organiser jeudi une conférence en ligne afin d’annoncer le lancement officiel de la phase d’implémentation et d’opérationnalisation du programme ‘’Tunisian Smart Cities’’.

L’événement a été marqué par la participation de nombreux acteurs parmi lesquels figurent des représentants des municipalités, des associations, du secteur privé…, qui se sont réunis autour de la même table pour débattre, durant quatre panels successifs, de la démarche à suivre pour bâtir les fondations et le socle de la ville de demain, les actions prévues dans les trois prochaines années, comment aider les collectivités locales à améliorer l’attractivité des territoires, les rôles que doivent jouer les différents acteurs dans le cadre du programme TSC…et autant d’autres points cruciaux.

Plus de 260 partenaires…

Le directeur du programme TSC à l’Ites, Borhène Dhaouadi, a indiqué que la transformation vers une ville plus durable et intelligente est un processus complexe et souvent long, puisque le changement implique de multiples acteurs, compétences et volontés. Donc, la clé de réussite réside dans la gestion même de la résistance au changement, ce qui nécessite à la fois l’engagement des dirigeants politiques, de responsables stratégiques et opérationnels… qui devraient s’assurer de la préparation et du suivi du projet dans son entièreté, ainsi que de la gestion de la mobilisation des forces vives, telles que les citoyens, les municipalités, le secteur privé, le monde associatif…

« Lancé en 2019, le programme national des villes intelligentes et durables a, bel et bien, porté ses fruits et a su fédérer, aujourd’hui, plus de 260 acteurs nationaux et internationaux qui agissent dans le développement territorial dont 88 municipalités, 80 associations, 64 start-up et entreprises, 8 instances régionales, 7 instances nationales…qui ont répondu favorablement à l’appel à candidature lancé au mois de décembre 2020… A cet égard, après avoir sensibilisé et mis les parties prenantes autour de la table, déterminé les technologies les plus adaptées, choisi et obtenu les budgets nécessaires, et signé les accords spécifiques avec les partenaires, la ville est fin prête à procéder au montage des projets implémentés à court et moyen terme…Ce qui est le cas, aujourd’hui, dans notre pays, où les adhérents à l’écosystème ‘’Tunisian Smart Cities’’ se partagent l’objectif de commander la transformation en lien avec le développement et la gouvernance des territoires, et ce, grâce à la volonté politique qui nous a accompagné depuis le début de ce défi, une vision stratégique commune, l’ouverture vers l’extérieur, l’implication citoyenne…», a-t-il souligné dans une déclaration accordée à La Presse.

Des PPP municipaux en un vecteur de développement des collectivités

Les intervenants ont, également, mis le point sur l’importance et la nécessité d’implanter sur tout le territoire un nouveau modèle capable de répondre à des problématiques purement sociales, d’où l’exigence de passer du PPP au « 4P », qui nécessite une gestion participative des partenariats public-privé. Pour la notion de PPPabilité, elle concerne à la fois l’éligibilité du projet à la loi sur les PPP et sa «bancabilité», c’est-à-dire sa rentabilité économique crédible aux yeux des financeurs avec des projets qui répondent à de vrais besoins. Donc, ce qui se cache derrière cette idée, c’est de transformer, à travers les PPP municipaux, le rôle des collectivités locales d’un simple gestionnaire de services publics (dans leurs domaines de compétences) en véritables opérateurs de services. Ainsi, les municipalités ont un rôle légitime et moteur dans le portage des projets et le développement territorial avec, notamment, une ville qui peut porter des projets urbains et des offres de services. A travers cette démarche, la municipalité va pouvoir créer de la richesse et dégager des marges de manœuvre financières, qui va lui permettre d’alimenter d’autres investissements dans la commune pour le citoyen.

Un cadre d’éligibilité fondé sur 14 points

L’événement était aussi l’occasion de présenter le cadre d’éligibilité, fondé sur 14 points, sur lequel doivent s’engager les municipalités adhérentes. Il s’agit, en fait, de: définir une vision territoriale concertée, matérialisée par un Master Plan Programmatique à l’horizon 2050-2100, produire un document stratégique (ville durable, intelligente, inclusive, résiliente) à travers un planning de projets concertés sur 30 ans sous forme de catalogue évolutif et de planning de projets quinquennaux, élaborer un plan d’action avec 5 projets de tailles différentes avec les business modèles associés et la déclaration des périmètres Smart City qui bénéficieront de statut de zone franche urbaine, produire un schéma directeur des infrastructures numériques dans la ville, produire un schéma directeur d’autoproduction des énergies renouvelables, produire une carte communale de la biodiversité et de la préservation de l’environnement, mettre en place une stratégie communale de lutte contre les changements climatiques, mettre en place une stratégie communale de lutte contre les catastrophes naturelles et sanitaires, produire un schéma communal (et/ou intercommunal) de la mobilité, du transport et de la logistique urbaine, produire un plan local de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel, matériel et immatériel, en plus d’un audit général du patrimoine urbain et architectural, mettre en place une démarche de dématérialisation et de digitalisation de la municipalité, mettre en place une stratégie locale pour l’attractivité de la Ville et le Marketing Territorial, réaliser un audit U4SSC pour la définition et la mesure des indicateurs de performance suivant le référentiel international des «Smart City» développé par l’UIT (Union Internationale des Télécommunications) et finalement créer une société de portage du programme Smart City local avec des capitaux mixtes (Publics-Privés).

«Les freins que rencontre l’approche Smart City en Tunisie sont, essentiellement, liés au manque de ressources humaines au sein des collectivités locales, qui sont, bel et bien, capables de comprendre, d’animer et de porter une initiative Smart City locale… Et, d’ailleurs, les Caravanes que nous avons faites dans les 24 gouvernorats du pays, ont confirmé cela et des communes comme Gabés, Carthage et autres sont, aujourd’hui, porteuses de leur projet Smart City. Il existe un autre élément important et récurrent, qui n’est autre que le manque de moyens financiers pour que les mairies puissent payer de véritables études stratégiques et opérationnelles, qui devraient faire partie intégrante de leur plan de développement et d’aménagement urbain…

D’une manière générale, et malgré ces barrières, la Tunisie d’aujourd’hui, grâce à l’association TSC et à ses partenaires, est en train de créer son propre modèle «décentralisé» de Smart City, qui correspond aux spécificités de chaque région… Ainsi, chaque ville doit inventer son propre modèle de Smart City qui lui ressemble en utilisant les bienfaits des TIC», a encore précisé M.Dhaouadi.

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Un commentaire

  1. Wei

    10/04/2021 à 08:22

    Intéressé

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