Le rôle des communes dans la lutte contre le changement climatique est l’un des sujets abordés lors de la 23e session du Forum International de Réalités, organisé les 1er et 2 avril à Hammamet. Mme Aïda Robbana, représentante de l’Agence onusienne pour l’habitat en Tunisie, était présente en tant que panéliste pour parler de la mission  d’ONU-Habitat en Tunisie. Elle nous donne un aperçu sur les principaux projets de collaboration entre les Nations unies, le gouvernement tunisien et les collectivités locales.

Présentez-nous, brièvement,  le projet de la politique urbaine nationale que vous avez évoqué dans votre intervention  lors du forum ? 

La politique urbaine nationale a été conçue par le ministère de  l’Équipement, de l’Habitat et de l’Infrastructure, en collaboration avec ONU-Habitat et a été validée selon une démarche participative impliquant plusieurs parties prenantes, notamment la société civile, les autorités et le secteur privé. C’est une politique qui est adossée, principalement, aux objectifs de développement durable et déclinée en un plan d’action et une charte. Elle  comporte plusieurs volets, à savoir économique, urbain, environnemental, social et un axe relatif au développement durable. Ce sont des axes intégrés, c’est pourquoi il est indispensable de les voir toujours en tant qu’entité. Maintenant, nous nous sommes penchés sur  l’élaboration d’une charte de ville qui engage les communes et qui comporte un certain nombre d’éléments de la politique urbaine.

Le bureau régional d’ONU-Habitat en Tunisie s’est, actuellement, penché sur des projets de valorisation des déchets que vous avez également cités dans votre intervention. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

En Tunisie, il y a beaucoup de déchets de construction qu’on voit partout : aux abords des autoroutes, dans les villes, etc. Le ministère de l’Equipement a sollicité l’ONU-Habitat en vue d’examiner la possibilité de lancer un projet pilote de valorisation des déchets de construction. L’objectif est, non seulement, de concevoir  un modèle de gestion des matériaux de construction, mais aussi de  créer de l’emploi. Il y a beaucoup d’expériences dans le monde où de tels projets ont réussi à générer de l’emploi. Un deuxième  projet de valorisation des déchets, financé par la coopération japonaise, est déjà en cours de réalisation  avec la commune de Sousse qui est la première ville dans le Maghreb à lancer ce projet. Il s’est déroulé en plusieurs étapes: l’identification des points noirs des déchets dans la commune, l’identification des responsables de ces déchets et, enfin, l’identification des moyens et des outils nécessaires pour assurer  leur gestion par les parties concernées. C’est un projet qui s’appelle Waste Wis Cities initié par ONU-Habitat dans divers pays à travers le monde. Il s’inscrit dans le cadre de la Ticad, une réunion internationale qu’organise le gouvernement japonais dans les pays en voie de développement et qui vise à stimuler l’investissement dans ces pays-là. Il  aura lieu en Tunisie en 2022, donc, on invite tout le monde à venir et à voir le projet West Wis Cities à Sousse l’année prochaine.

Pensez-vous qu’en Tunisie,  les communes ne sont pas suffisamment matures, pour prendre le taureau par les cornes et œuvrer pour rendre les villes plus résilientes face au changement climatique ?  

Je ne pense pas qu’elles ne soient pas matures. Les municipalités ont, plutôt, beaucoup de défis auxquels elles sont confrontées quotidiennement. S’ajoutent à cela, les challenges qu’impose  la crise Covid. Mais, la lutte contre le changement climatique fait partie de leur agenda. Nous avons constaté cette envie palpable qu’ont manifestée toutes les communes de faire plus et mieux, en matière de  lutte contre le changement climatique. Malheureusement, ce sont parfois les moyens qui manquent, parfois ce sont aussi les façons de faire qui manquent. Notre rôle, en tant que Nations unies, est de sensibiliser et de trouver les moyens qui permettent aux villes de mettre en exécution  des plans d’actions axés, entre autres, sur la lutte contre le changement climatique. Et j’espère qu’ ONU-Habitat aura ce rôle de médiation pour pouvoir  mettre autour de la table toutes les parties qui pourraient contribuer à  la lutte contre le changement climatique  au niveau des municipalités.

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