Au cours d’une conférence de presse, M.Adel Khaldi, commissaire régional à l’éducation à Kairouan, a indiqué que toutes les dispositions ont été prises afin d’assurer le bon déroulement des examens de fin d’année et pour améliorer le rendement des candidats avec pour objectif de faire sortir le gouvernorat de Kairouan des derniers rangs du classement à l’échelle nationale.
En effet, les mauvaises conditions socio-économiques, l’absence d’encadrement au sein du milieu scolaire et familial, l’absence répétée des enseignants, la dégradation de l’infrastructure de base et l’emploi précaire de suppléants ont contribué au mauvais classement enregistré ces dernières années.
Ainsi, des cours de rattrapage et de soutien ont démarré depuis le mois de mars suite à des visites de terrain à travers tous les établissements scolaires et la tenue de rencontres avec le corps enseignant et les élèves. Et on estime qu’avec de la persévérance, du travail et de l’encouragement, les efforts finiront par donner les résultats escomptés et par faire oublier le chaos provoqué, cette année, par le conflit avec le syndicat qui a perturbé le bon déroulement des cours.
Notons dans ce contexte que, durant ce mois de Ramadan, beaucoup d’enseignants se sont porté volontaires pour assurer des cours de rattrapage à leurs élèves et cela sans contrepartie.
Cela sans oublier la prise en charge psychologique et la musicothérapie au profit d’élèves ayant des difficultés d’apprentissage et des problèmes d’origine psychosomatique.
Pour ce qui est du nombre des candidats à la session principale du Bac 2019, il s’élève à 69.427 dont 5.293 sont inscrits dans les lycées publics, 956 dans les lycées privés et 178 candidats libres dont un retraité âgé de 61 ans, Rabeh Herzi né le 27 avril 1958.
Ces candidats se répartissent entre 1.750 élèves dans la section lettres, 365 (section mathématiques), 1.268 (section sciences expérimentales), 1.927 (section économie et gestion), 854 (section technique), 165 (section informatique) et 98 (section sport).
En outre, 7 élèves vont bénéficier de mesures spécifiques comme l’agrandissement de l’écriture et le prolongement de la durée de l’examen d’un quart d’heure.
La première session, qui se déroulera du 12 au 19 juin et dont les résultats seront proclamés le 30 juin, verra la mobilisation de 2900 professeurs surveillants et de 700 correcteurs ainsi que l’aménagement de 26 centres d’examens et d’un centre de correction. Quant à la session de contrôle, elle se déroulera du 2 au 5 juillet et la proclamation des résultats aura lieu le 13 du même mois.
Et pour contrecarrer les tentatives de fraude, il est strictement interdit d’accéder au centre d’examen avec le téléphone portable, la tablette, la montre électronique.
Pour l’examen du Deeb, 939 candidats se présenteront à cet examen les 24, 25 et 26 juin au sein de 13 centres d’examen et les résultats seront proclamés le 10 juillet.
Enfin, en ce qui concerne les concours d’entrée aux collèges pilotes, 2059 passeront ce concours, les 27, 28 et 29 juin, au sein de 14 centres d’examen, les résultats seront proclamés le 12 juillet.
Il va sans dire que dans la plupart des foyers, l’ambiance est très studieuse, les élèves se consacrent sérieusement à la révision et les parents sont dans leurs petits souliers en leur préparant les plats préférés et en essayant de ne pas poser trop de questions sur l’avancement de la révision.
Mme Sellami, mère de deux futurs bacheliers, nous a confié dans ce contexte : «Avec mes enfants, je me montre très sereine et je ne leur révèle pas mes angoisses secrètes, c’est comme si je vivais mon propre parcours scolaire. Honnêtement, je ne suis pas très optimisme, car cette année scolaire a été très difficile à cause de la montée des protestations tous azimuts dans le secteur de l’éducation.
D’ailleurs, les élèves lésés ont vu leur capacité de concentration diminuée. De ce fait, ceux qui vont réussir au bac vont aborder leur vie d’étudiant avec des bagages trop indigents!».
Notons que la plupart des parents ont bien casqué avec les dépenses du mois de Ramadan et les cours particuliers afin de fournir à leurs enfants une ambiance de sérénité et d’optimisme, même si ces cours privés à des heures trop tardives, vu que l’agenda des professeurs est très chargé, sont épuisants et anti-pédagogiques.
Il n’en est malheureusement pas de même pour les couches défavorisées, surtout en milieu rural où le taux de décrochage scolaire s’élève à 16% aux collèges et à 12% aux lycées. En effet, chaque année, plusieurs élèves décident de déserter l’école, le collège ou le lycée pour plusieurs raisons, dont l’absence de transport rural, les rapports conflictuels avec les enseignants, les troubles de l’apprentissage, la pauvreté des parents qui ne peuvent pas assurer les charges des dépenses scolaires, l’état vétuste et délabré des salles de classe qui risquent de s’écrouler à tout moment, l’absence d’eau potable dans les écoles, ainsi que la mentalité conservatrice de parents analphabètes qui acculent les femmes aux travaux de ménage et aux activités agricoles où elles sont de simples ouvrières sans aucune sécurité.
Notons que le taux d’analphabétisme dans le gouvernorat de Kairouan est de 35% et le taux général de pauvreté est de 34,9%. En effet, on compte 200.000 citoyens pauvres, dont 60.000 sont dans une extrême pauvreté. Et la délégation d’El Ala est la plus pauvre.

 

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