Rachid Ben Dali, directeur général des hydrocarbures au ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines

« Les deux sociétés pétrolières, présentes en Tunisie, Eni et Shell, n’ont pas formulé de demandes officielles pour quitter le pays. La société italienne Eni avait exprimé sa volonté de quitter ses activités pétrolières en Tunisie et de s’orienter vers le bio et le renouvelable, elle s’est dite prête à investir dans les énergies renouvelables et dans le bio fuel via le sucre de canne. La politique d’Eni en Tunisie, en ce qui concerne les hydrocarbures, entre dans le cadre d’une stratégie globale de la société italienne qui se concentre  sur des puits de grande capacité, ce qui est nullement le cas en Tunisie. Tout récemment, et lors de la dernière réunion avec Shell, la société a affirmé qu’elle n’avait pas l’intention de vendre ses parts ni à un investisseur étranger, ni à des banques, ni à des groupes.  Elle n’a pas l’intention, également,  de vendre ses activités en Tunisie dans les concessions d’Hasdrubal et de Miskar. En ce qui concerne la sortie des entreprises pétrolières présentes en Tunisie, ces dernières ont le droit de quitter le pays, mais à certaines conditions. N’importe quelle entreprise, qui désire entrer en Tunisie, doit remplir, selon le Code des hydrocarbures trois conditions : la capacité financière, la capacité technique et de bonnes relations diplomatiques. Les nouveaux acquéreurs devront ainsi remplir ces conditions, ainsi que les mêmes engagements de leurs prédécesseurs. Personne ne sort avant de céder sa place à un autre. On veut que de grandes entreprises s’installent en Tunisie, et on doit pour cela mettre en place un climat entreprenarial et social, en plus de l’attractivité du sous-sol tunisien. Les problèmes sociaux enregistrés dans certaines concessions entravent l’activité pétrolière, parfois même de la partie tunisienne plus que ses partenaires, le pays ayant besoin de production et de ressources fiscales qui accompagnent l’activité. L’arrêt du Kamour a coûté 300 millions de dinars de perte, qui aurait pu être plus conséquente s’il n’y avait pas d’infrastructures de stockage et la limitation de l’arrêt de la concession de Nawara ».

Hakim Ben Hammouda, économiste et ancien ministre de l’Economie et des Finances

« L’amélioration attendue de la situation économique, suite à la paix de la Libye et le retour de la croissance, va avoir des effets positifs sur les échanges commerciaux. Nous avons relevé trois résultats majeurs. Le premier est que la Tunisie sera le principal bénéficiaire au niveau commercial du retour de la paix en Libye. Nos exportations à destination de la Libye vont connaître une croissance en moyenne annuelle de 308 millions de dollars par rapport au scénario de référence qui est la poursuite du conflit. La croissance de nos exportations vers la Libye sera la plus importante parmi les pays de la région et pourrait enregistrer une augmentation annuelle moyenne de 3,59% entre 2021 et 2025. Nos importations vont connaître, également, une importante croissance au cours de la même période avec une moyenne annuelle de 6,31%. Cette croissance des importations vient répondre à la croissance des investissements et le développement de la demande sur nos produits. Ainsi, le retour de la paix en Libye sera à l’origine d’une plus grande effervescence économique et dynamique commerciale régionale, dont tireront bénéfice nos entreprises, qui les aideront à sortir de cette grave crise économique. Le second résultat concerne l’impact régional du retour de la paix en Libye, avec le dynamisme commercial que vont connaître les pays de la région, notamment le Soudan, l’Egypte et l’Algérie. Le troisième résultat concerne l’impact commercial. Les autres pays, comme la Turquie et les pays européens, notamment la France et l’Allemagne, vont bénéficier de cette dynamique commerciale. Mais, le gain de ces pays sera moins important que celui des pays de la région. Ce résultat nous amène à réaffirmer notre hypothèse d’un effet d’éviction du fait de la fin du conflit en Libye. Cette nouvelle dynamique commerciale sera plus bénéfique aux pays voisins et va contribuer à un renforcement de la dynamique de coopération au sein de la région ».

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