Encore l’un des nôtres vient de répondre à l’appel incontournable de l’Etre Suprême Parfait et Immortel. Il s’agit de notre cher collègue et non moins ami Moncef Ben Salem, astreint par une longue maladie à une retraite forcée, cloué au lit depuis voilà des années. Le regretté disparu devait coucher ses premières proses depuis le début des années 70.

Ses sujets préférés portaient au départ sur les affaires judiciaires, estimant que celles-ci étaient le miroir infaillible de la société. Et que la médiatisation des crimes et délits revêtait un caractère à la fois persuasif et dissuasif. En parallèle, le bel ami, un philatéliste dans l’âme, s’était longtemps distingué par l’élégance de sa plume et la fluidité de son style, rendant ses écrits accrochants et savoureux. En sus de ses intenses activités journalistiques en tant que collaborateur externe d’une assiduité remarquable, il avait longtemps exercé les fonctions de directeur du Centre national de philatélie. Son dévouement, son sérieux et son application lui avaient valu la considération et les faveurs du ministre des PTT de l’époque, Habib Ammar, lui aussi un féru de la philatélie jusqu’au bout des orteils. Celui-ci n’ayant jamais hésité un instant à devancer les désirs de son subalterne d’être pourvu de tous les outils de travail et ingrédients lui permettant d’exceller et émerveiller.

Outre ce créneau, Moncef Ben Salem avait brillé de mille feux à travers ses papiers consistants sur les tournois d’échecs (surtout ramadanesques), les compétitions d’haltérophilie, les activités culturelles, dont essentiellement la couverture des expositions de peinture et d’arts plastiques. Le tournant fatal et dramatique de la vie de l’exresponsable de l’ancienne rubrique « Le drame est quotidien » a été le jour maudit où il s’était avisé à se laver au bain maure de son quartier (du côté de la Cité Ibn Khaldoun), à deux pas de son domicile. Alors qu’il s’acheminait paisiblement, le sac au dos, vers le temple de la propreté, au clair du soleil, deux malfrats firent subitement irruption devant lui pour lui barrer le chemin, le jeter par terre de tout son long, le lyncher et le rouer impitoyablement de coups, avant de le déposséder de son sac à dos et prendre la poudre d’escampette…

Les assaillants ne devaient pas alors savoir que l’enjeu n’en valait pas la chandelle. Et que le diable de sac arraché ne contenait pas plus que des serviettes, de divers accessoires de toilette et une poussière de pécules, tout juste de quoi régler les frais de la baignade souhaitée sans succès. Quant à l’innocente victime, elle est demeurée sur les lieux à ramasser à la petite cuillère, baignant dans son sang et hurlant de douleurs. Ceci avant d’être dirigée d’urgence par sa famille vers la clinique la plus proche.

Les graves blessures causées à l’infortuné et leurs complications devaient fatalement finir, au bout de plusieurs années d’alitement, précipiter hélas son trépas ! D’autre part, côté qualités humaines, les mots et compliments ne sauraient être suffisamment expressifs pour vanter les justes mérites et les hautes valeurs morales du défunt.

Correct, modeste, discret, affable, jovial, etc.Autant de qualités que toute l’équipe rédactionnelle de son époque lui reconnaît. Et même ceux qui ne l’auraient pas côtoyé auraient pu le connaître et reconnaître les immenses qualités morales et professionnelles du brave homme à travers le oui dire et le bouche à oreille. Quoi dire encore ? Sinon adieu cher frère ! Nous ne cesserons de regretter ta disparition si cruelle. Abandonne-toi tranquillement à ton profond sommeil éternel. Paix à ton âme. «Nous sommes à Dieu et c’est à lui que nous revenons»

Charger plus d'articles
Charger plus par Larbi DEROUICHE
Charger plus dans Actualités

Laisser un commentaire