Les représentants du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), de la Fédération générale de l’information et de la section du Snjt à l’agence Tunis Afrique Presse soulignent la poursuite du sit-in afin de lutter contre la désignation qualifiée de politique de Kamel Ben Younes à la tête de l’agence.

« Des éléments de la force publique ont envahi avant-hier le siège de la TAP afin d’imposer la désignation de Kamel Ben Younes nouveau PDG de l’agence. Ils ont également bloqué l’accès des journalistes aux services de la rédaction », affirme le personnel de l’agence.

La désignation de Kamel Ben Younes a suscité une vague de protestation de la part du personnel de la TAP qui appelle à épargner l’agence des tiraillements politiques.

Les représentants du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), de la Fédération générale de l’information et de la section du Snjt à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP) ont souligné la poursuite du sit-in afin de lutter contre la désignation qualifiée de politique de Kamel Ben Younes à la tête de l’agence. Les intervenants ont affirmé lors d’une conférence tenue au siège de la TAP que « la bataille menée par le personnel de la TAP vise à protéger l’indépendance du secteur des médias et constitue une épreuve pour les journalistes afin de préserver leurs acquis dans le secteur ».

Le Snjt et la Fédération générale de l’information rejettent cette désignation, a déclaré Amira Mohamed, vice-présidente du syndicat. « Ce PDG désigné a perdu sa qualité en tant que journaliste puisqu’il a fait recours à la force publique pour accéder mardi au siège de la TAP », a-t-elle noté.

Pour sa part, le secrétaire général de la Fédération générale de l’information, Mohamed Saidi, a rappelé, en s’adressant au Chef du gouvernement que cette désignation politique appuyée notamment par le parti Ennahdha est un scandale sans précédent.

La présidente de la section du Snjt à la TAP, Olfa Habbouba, a signalé de son côté que l’incident survenu  est sans précédent et porte atteinte à l’image de la Tunisie.

Les représentants des syndicats refusent la nomination de Ben Younes

Les représentants des syndicats des médias ont dit rejeter la nomination du nouveau président-directeur général à la tête de la l’agence Tunis-Afrique Presse, annonçant la poursuite des mouvements de protestation contre cette désignation « ouvertement politique et partisane ».

Il s’agit du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), de la Fédération générale des médias et de la section du Snjt à l’agence TAP.

Au cours d’un point de presse, les représentants des syndicats ont dénoncé l’incursion de la police dans les locaux de l’agence TAP et les agressions commises sur des journalistes qui protestaient contre la nomination du nouveau PDG.

« Le siège de la TAP a été envahi par des sécuritaires pour assurer un passage en force du nouveau président- directeur général, Kamel Ben Younes », ont-ils fustigé.

Amira Mohamed, vice-présidente du Snjt, a réaffirmé le rejet catégorique de cette nomination ouvertement politique et partisane, dénonçant le recours de Ben Younes aux forces de l’ordre qui, selon ses dires, ont agressé les journalistes et le personnel de l’agence.

« C’est une première ! Même sous le régime de Ben Ali la police n’a jamais envahi les locaux d’un établissement médiatique », a-t-elle fustigé. Elle a, dans ce sens, réclamé de tenir la TAP à l’écart de toute tentative d’asservissement et d’instrumentalisation politique.

Pour sa part, le secrétaire général de la Fédération générale des médias, Mohamed Saïdi, a souligné  « qu’il s’agit d’un scandale au vrai sens du mot », a-t-il lancé, assurant que «le personnel de l’agence est plus que jamais déterminé à empêcher Ben Younes d’atteindre ses fins».

En sit-in ouvert depuis le 6 avril, le personnel de la TAP a décidé, lundi, d’observer, le 22 avril, une grève générale avec présence sur les lieux du travail, pour dénoncer l’obstination de la présidence du gouvernement à nommer Kamel Ben Younes à la tête de l’institution.

La FIJ condamne la prise d’assaut

Le secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Anthony Pelangi, qui commentait le déploiement des forces de l’ordre pour imposer l’installation de Kamal Ben Younes au poste de directeur général de l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), a déclaré que la prise d’assaut par la police du siège de l’agence « n’est pas seulement une menace pour ses journalistes, mais aussi pour la liberté de la presse en Tunisie».

Pelangi, cité par le FIJ, sur son site officiel, a ajouté que « de telles nominations politiques n’ont pas leur place dans les institutions médiatiques publiques».

Le secrétaire général de la FIJ a, par ailleurs, salué les journalistes de l’agence TAP et le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), qui «se sont levés pour défendre leur droit à l’indépendance et le droit des citoyens à une presse de qualité».

La FIJ a annoncé qu’il «rejoint le Syndicat national des journalistes tunisiens pour condamner cette intrusion», appelant à mettre fin à cette « nomination politique» à la tête de l’agence.

RSF dénonce l’incursion de la police dans les locaux de la TAP

De sa part, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé l’incursion de la police dans les locaux de l’agence Tunis-Afrique Presse, fustigeant les agressions commises sur des journalistes qui protestaient contre la nomination d’un nouveau PDG.

Même son de cloche chez le Parti unifié des patriotes démocrates (Al-Watad) qui a également dénoncé les agressions commises par les policiers, « sur instruction du Chef du gouvernement, à l’encontre des employés et journalistes de l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), qui s’opposaient à l’installation de Kamel Ben Younes à la tête de l’agence, une nomination soutenue par le parti d’Ennahdha ».

Le parti a qualifié ces actes de «dangereux et sans précédent», saluant la lutte des journalistes et leur position contre les nominations partisanes et en faveur de l’indépendance des médias publics.

Pour sa part, le parti Al Joumhouri a qualifié de «précédent dangereux» l’incursion de la police dans les locaux de l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), pour imposer la nomination d’un nouveau président-directeur général, nomination à laquelle s’opposent les journalistes et les employés de l’agence.

Il a appelé le gouvernement, dans un communiqué, à revenir sur la politique de bras de fer et à engager un dialogue sérieux avec les représentants de la presse et des médias pour épargner la Tunisie «une nouvelle crise».

«Le recours du gouvernement au déploiement des forces de l’ordre pour imposer cette nomination à la tête de la plus ancienne institution de presse publique après le refus de cette nomination par les journalistes et le personnel de l’agence, en raison de son caractère politique, est une tentative d’asservissement des médias publics au lieu d’ouvrir un dialogue avec eux», lit-on, dans le communiqué du parti, rendu public.

«Al Joumhouri» a réitéré son refus des tentatives de mainmise sur les médis qui ont besoin, plutôt, d’un dialogue sérieux et urgent «pour les réformer et les sauver du contrôle des partis, des lobbies et de l’argent corrompu».

Le parti a rappelé que la radio «Shems FM», (bien confisqué), se trouve dans la même situation et le même problème après le refus de la nomination d’un directeur administrateur, «qui ne remplit pas les critères de gestion des institutions en difficultés financières», selon les personnels de Shems FM.

Réagissant à ce qui se passe à la TAP, le mouvement Echaâb a exprimé sa solidarité absolue avec les journalistes de l’agence.

Le parti a, dans ce contexte, condamné toute intervention extérieure pour accomplir le travail des journalistes en toute neutralité et loin des considérations partisanes.

Il a mis en garde contre la persistance des tentatives «d’assujettissement des médias libres et cette détermination à imposer des nominations partisanes à la tête des institutions publiques».

Echaâb a estimé, dans une déclaration, que ce qui s’est passé à la TAP « n’est qu’une tentative du gouvernement Mechichi et sa ceinture politique de faire mainmise sur les médias ».

Le mouvement a appelé le gouvernement et toutes les instances concernées à appliquer la loi à toutes les chaînes de télévision et de radio transformées en porte-voix de partis politiques qui sèment le chaos dans la vie politique.

Echaâb exhorte les forces démocratiques et les organisations nationales à faire front contre les tentatives d’avoir le contrôle des médias.

Ettakatol (Forum démocratique pour le travail et les libertés) a lui aussi dénoncé l’invasion par la police du siège de l’agence de presse (TAP) pour imposer l’installation de Kamel Ben Younès à la tête de l’institution.

Dans une déclaration publiée hier, le parti affirme son soutien aux cadres et agents de l’agence de presse dans leur lutte pour défendre leur média et le secteur en général.

Ettakatol estime que le gouvernement actuel et ses soutiens n’ont trouvé d’autre recours que l’assujettissement des médias après avoir envoyé des jeunes en colère et même des mineurs en prison pour avoir protesté, ce qui prouve que « le départ est la seule alternative pour le gouvernement ».

Le parti appelle toutes les forces nationales sincères à combattre ces agissements qui constituent, poursuit la même source, une grave dérive qui traduit un état d’impuissance et de perte de contrôle.

Dans le même contexte, l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget), section Institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi), a qualifié de «grave et sans précédent» l’intervention policière dans les locaux de l’agence TAP pour imposer aux journalistes la nomination de Kamel Ben Younes à la tête de l’institution.

Dans une déclaration, le syndicat étudiant dénonce, vivement, la politique du «fait accompli» et le recours à la violence policière pour mater la presse et renforcer le contrôle sur le secteur.

« Les réactions excessives du pouvoir conduiront à un paysage médiatique semblable à celui d’avant 2011 », a mis en garde le syndicat.

Et d’ajouter, «la liberté de l’information et son indépendance sont des acquis irréversibles».

Le syndicat critique l’épreuve de force engagée suite au refus des journalistes de la TAP et de ses employés de la nomination de Kamel Ben Younès.

Il réaffirme son soutien inconditionnel au personnel de l’agence dans sa lutte pour défendre l’indépendance du média, appelant étudiants et corps enseignant de l’Ipsi à défendre les revendications des journalistes de la TAP.

La décision de nomination de Kamel Ben Younes à la tête de TAP a paru au Journal officiel de la République tunisienne (Jort), le 6 avril 2021, date à laquelle le personnel de la TAP avait entamé un sit-in illimité au siège de l’agence.

 

Photo : Abdelfattah Belaïd
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