Ouday est un jeune autiste plein de vie, découvrons son portrait à travers sa maman !

Ouday Kadri est un jeune autiste âgé de 30 ans. Lorsqu’il naît en 1991, ce n’est pas un bébé comme les autres. Il présente une malformation faciale de la bouche et des yeux. Alors qu’il était à peine âgé de quelques mois, il perd la vue qu’il recouvre par la suite grâce à une opération. La mère du nourrisson ne se doute pas du tout que son enfant est atteint d’autisme. Au fil des années, elle remarque que le petit garçon a un comportement asocial. Il est tout le temps agité, a le regard absent et communique avec les autres membres de la famille. Il ne recherche pas la compagnie des autres enfants et préfère rester seul dans sa bulle. A la fin des années 90, on entendait rarement parler des troubles liés à l’autisme, relève la mère du jeune homme. S’inquiétant du comportement étrange de son fils, la jeune femme consulte un médecin qui, après avoir fait passer plusieurs examens à l’enfant, lui apprend la nouvelle : Ouday souffre de troubles du comportement liés au spectre de l’autisme. «Durant cette longue période, j’ai pris mon courage à deux mains en récitant le Coran et en l’écoutant avec lui. J’ai surmonté cette période difficile en lui faisant la lecture de contes. Je lui ai par la suite demandé, à chaque fois, de me faire un résumé de l’histoire et je me suis rendu compte qu’il avait une bonne capacité de mémorisation. Il mémorisait rapidement tout ce que je lui racontais et me le restituait presque intégralement sans oubli. La lecture est une bonne technique d’apprentissage qui a donné des résultats positifs avec mon fils».

La maman se montre attentive aux moindres faits et gestes de son fils. Les premières années sont difficiles pour cette mère qui a renoncé à ses ambitions pour se consacrer totalement à son fils. Débute une longue phase d’adaptation et d’apprentissage qui se fait pas à pas, au rythme du petit garçon. «Pendant son enfance, il était totalement concentré sur l’apprentissage de l’alphabet arabe. A chaque fois, j’ai remarqué que mon fils essayait de construire des phrases. J’étais inspirée par les jeux et les programmes télévisés éducatifs».

La mère du petit garçon vit au rythme de ce dernier. Bien qu’il soit en âge d’être scolarisé, il est pourtant totalement dépendant et a besoin d’elle pour s’habiller, faire sa toilette, manger… «Il ne pouvait pas tenir convenablement un stylo jusqu’à la cinquième année primaire. Le quotidien est très difficile. Il faut surmonter les difficultés 24/24… Il était tous les jours fatigué et moi aussi. J’étais constamment déprimée et épuisée. C’est surtout le regard des autres, qui ont du mal à accepter la différence, qui me fait mal».

A force de volonté et de persévérance et avec l’aide de sa mère, le petit garçon arrive progressivement à surmonter son handicap. Il est différent des autres, l’assume et arrive à avoir de bons résultats scolaires. Ce dernier finit, d’ailleurs, par récolter le fruit de ses efforts en obtenant une très bonne moyenne au concours de la sixième année de base. «C’était un défi pour moi. J’ai réussi malgré toutes les difficultés et tous les obstacles», raconte Ouday qui a pu compter sur l’amitié précieuse de son ami Gley Messaoud. «Il est très gentil, il m’aime et il m’aide. Nous étions des camarades au lycée. J’ai réussi un parcours scolaire sans faute et grâce aux efforts considérables que j’ai fait, j’ai eu mon bac».

Le jeune homme poursuit, par la suite, des études supérieures à la faculté qui sont loin d’être faciles, en raison de son handicap. «J’ai affronté plusieurs difficultés et j’ai pu les vaincre grâce à ma mère qui m’a beaucoup aidé. Nous avons étudié ensemble, nous avons révisé ensemble, nous avons ressenti une souffrance commune. Nous avons pleuré ensemble et nous avons gagné ensemble… J’ai obtenu une note de 14/20 à mon projet de fin d’études sur le tourisme culturel en Tunisie».

«Il ne faut pas baisser les bras et se décourager quand on a un enfant autiste. A force de patience et de persévérance, ils arrivent à réussir leurs études et à vivre une vie tout à fait normale», conclut la maman de Ouday.

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