Chaque année, les repas servis  aux étudiants dans les restaurants universitaires, au cours de Ramadan, les laissent sur leur faim 

Les étudiants qui poursuivent leurs études loin de leur ville natale, loin de leurs familles, et qui sont dans l’obligation de rester dans les foyers universitaires, ne se réjouissent pas du tout de prendre leurs repas dans les restaurants universitaires !

En effet, les plateaux qu’on leur  propose, chaque année, lors de la rupture du jeûne, ne sont pas du tout consistants et les laissent sur leur faim. Nous avons vu d’ailleurs, depuis quelques jours, circuler sur les réseaux sociaux la photo de plateaux servis aux étudiants dans l’un des restaurants universitaire à « Mateur ». Ils ont été désagréablement surpris de se voir servir une soupe aux haricots et sans viande, une portion de fromage et deux pots de yaourt ! Chose qui a vraiment suscité le mécontentement de la plupart des étudiants, obligés de passer chaque année  Ramadan seuls dans les foyers universitaires, loin de leurs familles.

Plateaux insipides

Etudiante et résidente au foyer universitaire de Borj Cédria, Meriam estime que le repas qu’on leur sert au restaurant universitaire, lors de la rupture du jeûne, n’est pas suffisamment diversifié et présente une faible valeur nutritive. Quant à la portion du s’hour, elle n’est pas équilibrée non plus. « La portion du s’hour se  compose souvent de deux pots de yaourt, une portion de fromage, du pain et du lait », décrit Meriam, que nous avons rencontrée dans le hall de l’établissement universitaire dans lequel elle étudie.

Elle a ajouté, d’ailleurs, avant de nous quitter, que suivre les cours à distance à partir de la semaine prochaine va permettre à la plupart des étudiants de se nourrir convenablement et de profiter des repas équilibrés servis à la maison et dont la qualité sur le plan nutritionnel est de loin meilleure que celle des repas qu’on leur propose dans les restaurants universitaires, où ils ont l’habitude de rompre le jeûne.

Système D

Idem pour Samia, sa copine, qui rejoint les propos de Meriam  en notant que les étudiantes qui résident dans le foyer de Borj Cédria  sont chaque année obligées de se débrouiller tant bien que mal pour manger convenablement durant le mois de Ramadan, car le foyer ne dispose pas de cuisine. Les plateaux insipides servis dans le restaurant universitaire et qui présentent généralement des portions insuffisantes d’aliments les obligent souvent à aller se ravitailler dans les épiceries et grandes surfaces afin de pouvoir compléter ce repas par une collation équilibrée  en guise de s’hour, et ce, pour pouvoir tenir le coup le lendemain. «Je me contente souvent des surgelés que l’on trouve dans les grandes surfaces. C’est plus nourrissant que les repas servis dans les restaurants universitaires. Ramadan n’a pas de charme pour nous, non seulement parce qu’on est loin de nos familles,  mais aussi parce que nous « galérons » pour manger convenablement. J’attends le week-end pour rentrer chez moi et profiter du repas copieux que ma mère concocte pour la rupture du jeûne. Nous ne disposons même pas de cuisinières dans le foyer pour chauffer nos repas, et les plateaux qu’on nous sert généralement dans les restaurants universitaires ne contiennent pas grand-chose. La plupart des repas qu’on nous sert sont tout simplement immangeables !», note Samia. Cette situation est vécue par un grand nombre d’étudiants qui passent Ramadan loin de leurs familles. Ils lancent un appel aux autorités, aux directeurs des restaurants universitaires et aux responsables des affaires estudiantines afin d’améliorer la qualité des repas dans les restaurants universitaires. Leur servir des plateaux équilibrés sur le plan nutritionnel ne coûte pas beaucoup d’argent, mais compte,  par contre, beaucoup pour eux !

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