L’Afrique du XXIe siècle se construit maintenant. Le chemin est long mais le continent peut compter sur la volonté de ses peuples. S’implanter en Afrique est désormais une priorité stratégique pour les opérateurs économiques tunisiens. Les entreprises manifestent de plus en plus un intérêt grandissant pour l’Afrique en tant que destination de choix en termes d’investissement. Se positionner en Afrique est considéré par une grande part des entreprises comme un relais de croissance au moment où d’autres voient en cette expansion un moyen de tester un nouveau modèle économique.

Les entreprises tunisiennes ayant choisi de s’implanter en Afrique voient en la croissance africaine une source d’opportunités. Il s’agit en effet d’un marché porteur où les potentiels de marge sont plus importants. Pour de nombreuses d’entre elles, il est plus facile de s’y développer, du fait que certains services sont peu proposés, voire absents du marché.

La dernière en date, la société CAP, filiale de « Alliance One Group » dirigé par Tarek Cherif, s’est installée en mars 2021 en Côte d’Ivoire. Ladite entreprise a réussi à exporter ses produits, notamment les marques ExtraColor et Jolycolor, dans plus de 40 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Et ce, avec des transactions dépassant 150 millions de dinars.

En l’absence d’une diplomatie économique tunisienne sur le marché africain et de représentations commerciales ou filiales, maintes grandes entreprises et sociétés tunisiennes déploient des efforts individuels considérables pour s’implanter dans ce marché prometteur.

Faut-il rappeler que la Tunisie a été depuis longtemps précurseur dans les domaines de la coopération et du partenariat avec les pays africains, avec des initiatives remontant aux années cinquante et soixante du siècle dernier, concernant notamment le transport aérien grâce à des liaisons directes avec certains pays africains et à l’ouverture d’antennes bancaires tunisiennes. Malheureusement, cet intérêt s’est interrompu pendant des décennies et le regain d’intérêt aux marchés africains ne s’est manifesté que récemment. En effet, les initiatives du secteur privé se sont  multipliées avec des réalisations et des résultats encourageants tant au niveau du développement des actions d’échange qu’à celui du lancement de projets de partenariat dans plusieurs domaines porteurs. Dans son rapport annuel de 2019 consacré à l’économie en Afrique, le Centre  Policy Center for the New South   affirme que la zone constitue une opportunité pour faire avancer l’intégration économique à l’échelle continentale. Inscrite sur l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA), la nouvelle Zone de libre-échange continentale africaine traduit une vision ambitieuse et un mégaprojet d’intégration, auquel la  Tunisie a adhéré. Les efforts de convergence et d’intégration entrepris par les différentes communautés économiques régionales et les objectifs de la Zlecaf visent à créer un seul marché continental des biens et services, à établir la libre circulation des opérateurs économiques et, par conséquent, à ouvrir la voie à l’accélération de la mise en place d’une union douanière en 2022 et une communauté économique africaine d’ici à 2028, indique le rapport .

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