Les produits de terroir incarnent une filière susceptible de participer au développement durable, de réduire la pauvreté et d’ancrer les populations dans leurs lieux de vie. Voilà pourquoi le projet Pampat 2 continue à s’y intéresser, en identifiant de nouveaux produits à valoriser

Trois études, qui identifient les marchés à l’exportation les plus prometteurs pour différents produits de terroir tunisiens, viennent d’être publiées. Elles ont été réalisées dans le cadre du projet Pampat 2 qui est mis en œuvre par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), avec un financement du Seco suisse.

La pâte de dattes, le sirop de dattes, la poudre de dattes, les tomates séchées en vrac ou conditionnées à l’huile d’olive, ainsi que la grenade fraîche, le jus de grenade et le sirop de grenade, sont quelques-unes des denrées repérées par les experts et qui présentent un fort potentiel de distribution en Europe, en Amérique du Nord, en Russie et aux pays du Golfe.

Des pouvoirs antioxydants

Les produits de terroir, goûteux, gourmands et typiques, connaissent un succès croissant en Tunisie et dans le monde. Des produits qui font la fierté des hommes et des femmes ayant su, génération après génération, les cultiver, les entourer d’un savoir-faire particulier et les maintenir en vie. «Les itinéraires sociotechniques sont ainsi mis en jeu, révèlent une originalité, confèrent une typicité, et aboutissent à une réputation pour un bien originaire de cet espace géographique», explique l’Unesco en 2005 dans une tentative de définition des produits de terroir. Une filière susceptible de participer au développement économique territorial, de réduire la pauvreté, notamment dans les régions défavorisées, et d’ancrer les populations dans leurs villes et villages. Voilà ce qui a poussé le projet Pampat à s’intéresser à ce réservoir de richesses et à développer une stratégie de distribution de ces denrées à l’international.

Après avoir notamment focalisé sur les figues de Djebba, les produits labellisés AOC (Appellation d’origine contrôlée) et d’autres denrées à la qualité certifiée, voilà que le projet explore d’autres pistes.

«Les principaux produits agroalimentaires à l’exportation en Tunisie sont l’huile d’olive et les dattes fraîches. Les autres produits sont classés loin derrière. Néanmoins, il y a plusieurs produits de terroir tunisien qui ont un fort potentiel sur les marchés extérieurs et qui peuvent devenir les nouveaux porte-drapeaux de la gastronomie tunisienne, explique un communiqué de Pampat2.

Parmi ces produits, la grenade tunisienne, qui dispose de plusieurs atouts pour se positionner à l’international. La Tunisie est, en effet, classée parmi les 10 premiers producteurs mondiaux de grenades et la production nationale ne cesse d’augmenter. Les sirops étant très tendance dans les nouvelles pratiques alimentaires mondiales, la Tunisie, selon le projet Pampat pourrait également développer la production  du jus de grenade pour lequel la demande à l’international est de plus en plus importante à cause de ses propriétés antioxydantes. Les pays les plus demandeurs de ce produit sont l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France. Ce sont les leaders européens en matière d’importation de jus issus des super-fruits. Le sirop de grenade est également un produit très demandé, notamment, sur les marchés du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France.

Le sucre, devenu amer en France

D’autre part, le sirop de dattes est spécialement apprécié par les Canadiens, les Emiratis et les Qataris. Le Qatar représente  aujourd’hui la principale destination des exportations tunisiennes de sirop de dattes. Par ailleurs, la poudre de dattes tunisienne, qui constitue un substitut du sucre blanc, a également de grandes chances de réussite  en France, aux Etats-Unis et en Allemagne où on recherche de plus en plus d’aliments bons pour la santé. L’Hexagone, qui est en train d’adopter des stratégies nationales pour réduire la consommation du sucre, s’avance comme le champion européen en consommation de dattes.

Les tomates séchées, destinées aujourd’hui essentiellement aux marchés italiens, a également beaucoup de chance pour investir d’autres gastronomies.

«La demande existe pour les produits de terroir tunisiens, mais elle peut seulement être saisie, si ce secteur s’oriente vers la qualité, la diversification, le marketing et la recherche de nouvelles niches de marchés », insiste le communiqué du projet Pampat 2.

Les trois études, ainsi que les neuf guides d’accès aux marchés des produits de terroir sont publiés en ligne sur le site web de Pampat.

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