Une défaite qui élimine l’Etoile de facto de la Coupe de la CAF. C’est donc la fin de l’aventure africaine pour une formation étoilée, mal coachée et qui a manqué terriblement d’arguments offensifs. Pour le CSS, ce fut une preuve de courage.

Désormais, nous n’avons qu’un seul représentant en Coupe de la CAF, le Club Sportif Sfaxien, heureux victorieux avant-hier au Bénin devant la formation burkinabé de Salitas, contrainte de quitter sa base à cause de la Covid-19. Les hommes de José Murcia ont remporté une victoire sans difficultès. Ils ont dominé les débats de bout en bout. Sans round d’observation, les Sfaxiens ont annoncé la couleur dès la 7’, en provoquant un penalty, transformé par Firas Chawat. Et pour confirmer leur ascendant, il n’y avait pas mieux qu’un deuxième but au tout début de la seconde mi-temps, signé Kingsley Eduwo. Par la suite, les camarades de Chawat n’avaient qu’à gérer à leur guise leur ascendant.

Outre le fait qu’il n’y avait pas photo entre le CSS et son hôte burkinabé, il doit sa victoire essentiellement à son coach espagnol, José Murcia. Quatrième au classement et accusant 9 points de retard par rapport au dauphin étoilé, qui fut son hôte dimanche, le coach sfaxien n’a pas hésité à balancer des jeunes dans le bain, alignant un onze de départ composé entièrement de jeunes et de doublures. José Murcia a pris le risque de perdre le classico en alignant la deuxième équipe. C’était calculé, car il fallait faire un choix : aller plus loin en Coupe de la CAF ou s’accrocher à vouloir jouer sur deux fronts au risque de tout perdre. De plus, le technicien espagnol n’avait pas vraiment le choix dimanche sachant que le vol pour le Bénin transitait par Istanbul. Le vol pour la Turquie décollait en fin de matinée.  Bref, José Murcia a fait des choix bien calculés et il a obtenu gain de cause. Non seulement il s’est qualifié aux quarts de finale de la Coupe de la CAF à une journée de la fin de la phase de groupes, mais il a gagné en échange une deuxième équipe malgré la défaite devant l’ESS. Car ce qu’ont démontré les jeunes du CSS, dimanche dernier, est plus qu’encouragent. De quoi se rassurer sur l’avenir de l’équipe.

Il fallait avoir les moyens

de ses ambitions…

Si José Murcia a fait preuve d’un coaching «raisonnable», ce n’était pas le cas de son confère étoilé. Lassaâd Dridi a voulu jouer sur tous les fronts. Pour ce faire, il fallait avoir les moyens de ses ambitions. Or, l’effectif étoilé n’est pas suffisamment riche. Pire. Dridi n’a pas retenu la leçon de la défaite concédée à Ouagadougou devant Salitas, lors de la deuxième journée de la phase de groupes. Une défaite concédée en déplacement quatre jours après le classico gagné. Par ailleurs, cette contreperformance y est pour grand-chose dans l’élimination de l’ESS avant-hier. Des points perdus qui ont fini par peser dans la balance.      

En voulant battre l’EST coûte que coûte, Dridi est parvenu à ses fins, mais vu toute l’énergie dépensée pour y parvenir, il a laissé des plumes en C3 africaine. L’obstination conduit forcément à l’échec… même après coup…

C’est donc la fin de l’aventure africaine pour une formation étoilée, mal coachée et qui a manqué terriblement d’arguments offensifs. Aujourd’hui, l’ESS risque de terminer la saison sans titre, à moins de se rattraper en Coupe de Tunisie. Or, cette épreuve se jouera à partir du mois de mai, après la clôture du championnat. Une épreuve disputée en fin de saison. Or, des joueurs en fin de saison ne peuvent pas être au meilleur de leur forme. Bref, Lassaâd Dridi, qui a réussi son début de mandat à la tête de l’ESS en alignant 7 victoires d’affilée, a manqué terriblement d’idées, depuis. Il fallait aussi bien gérer son effectif en sachant ménager les joueurs-cadres quand il le fallait et préparer au mieux les doublures sur le plan mental afin qu’ils assurent.  Aujourd’hui, le coach étoilé et ses dirigeants aussi ont le temps de méditer. La saison n’est pas encore terminée et le coup est rattrapable, à condition de tirer les enseignements de l’élimination de la Coupe de la CAF.

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