La Protection civile, le Croissant-Rouge et la commune se chargent du ramassage des cadavres et leur enterrement est confié à Chamseddine Marzoug, un ancien marin qui s’est porté volontaire pour enterrer les migrants en situations irrégulières dont les corps sont parfois en état de décomposition et dont les identités ne sont pas reconnues.

Chaque année, à pareille période  et à l’approche de l’été, les vagues des « harragas » se multiplient, à partir des côtes tunisiennes et libyennes à destination de l’Italie. Les garde-côtes ne chôment pas et ne cessent de circuler jour et nuit  avec la collaboration des forces armées pour intercepter les embarcations en infraction.

Cette année, à cause du mauvais temps, ces derniers jours, on ne parle plus de migration clandestine, du moins provisoirement.

En revanche, six cadavres ont été rejetés par les vagues. Des Africains, dont deux sont en état de décomposition. Ils ont apparemment quitté les côtes libyennes et leurs embarcations ont fait naufrage au large de Ben Guerdane ou de Zarzis. Les six cadavres ont été découverts de bonne heure par des personnes qui faisaient du footing le long de la plage dans trois endroits différents ( Rass Etrab, Chot Sonia et El-Ogla ), à Zarzis.

Zarzis, plateforme pour la migration clandestine

A ce propos, au début de l’assaut de ces embarcations de fortune, juste au moment de la révolution et après, la situation n’était pas maîtrisable dans la mer et les catastrophes étaient considérables. La Protection civile, le Croissant-Rouge et la commune se chargeaient du ramassage de ces cadavres, et leur enterrement est confié à Chamseddine Marzoug, un ancien marin qui s’est porté volontaire pour enterrer les migrants en situations irrégulières dont les corps sont parfois en état de décomposition et dont les identités ne sont pas reconnues. Un cimetière leur a été réservé dans une parcelle de terrain qui servait de décharge municipale, au Sud de Zarzis. C’est depuis la révolution que cet ancien marin accomplit cette noble tâche, « sans aucun sou en contrepartie et sans même le matériel nécessaire pour creuser les tombes », nous révèle-t-il. Le cimetière des inconnus ou des étrangers a été visité par de nombreux médias qui ont tous fait l’éloge de cette action. Ainsi Chamseddine Marzoug a été honoré par des associations internationales à l’instar de Alarm Phone, Astral Espagnol , SOS Méditerranée, Médecins sans frontières. Il a été également invité par la Fédération internationale des droits de l’homme à Genève, le Parlement européen, Oxfam-France et Belgique, l’Unhcr et il a été proposé comme candidat  au prix Nobel pour la paix…Il a été aussi à l’origine de quelques dons et aides à la commune de Zarzis (corbillard, ambulance, cache-cadavres…). Et toujours pour lui rendre hommage, nous avons appris que Zarzis abritera, après Wejda, la deuxième  «journée mondiale pour la commémoration des personnes perdues en mer.»

Cependant, on vient d’apprendre que ce cimetière a été saturé par des centaines de tombes. Une autre parcelle jouxtant la première a été réservée à l’enterrement des migrants, mais la commune de Zarzis a envoyé un huissier-notaire, avons-nous appris, à Chamseddine Marzoug, lui interdisant de ne pas utiliser ce cimetière, d’après ses dires, sans une autorisation préalable. « Je me suis retiré  et  le Croissant-Rouge a fait de même, paraît-il», a-t-il souligné.

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