Elle a souligné que pour assurer une reprise vigoureuse, «il est crucial de s’appuyer sur un programme de réforme qui serait le produit de ce dialogue et qui s’attaquerait aux principales vulnérabilités et difficultés du pays»

Dans une  lettre adressée au Chef du gouvernement, M. Hichem Mechichi, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Mme Kristalina Georgieva, assure que «Le FMI est et restera un partenaire fiable pour la Tunisie». Contrairement aux allusions faites par certains «experts» et «économistes» sur un éventuel refus du FMI et de la Banque mondiale de continuer à soutenir la Tunisie, le ton de cette lettre est bienveillant et rassurant. 

Cette lettre fait suite à la demande du gouvernement tunisien en date du 19 avril, dans laquelle  il sollicite un nouveau programme du FMI à l’appui de son programme de réforme. À cet égard, Mme Kristalina Georgieva s’est dite «réjouie que les précédents programmes appuyés par le FMI et l’aide d’urgence récemment accordée ont aidé la Tunisie à préserver sa stabilité macroéconomique et à faire face aux répercussions initiales de la pandémie».

Elle a salué les efforts déployés par le gouvernement Mechichi pour affronter la crise de la Covid-19 «en cherchant à protéger les vies et les moyens de subsistance de la population, ainsi qu’à soutenir le secteur de la santé, les ménages les plus vulnérables et les entreprises victimes de la crise».

«Je suis également encouragée par le début de la campagne de vaccination en mars et les autres mesures que le gouvernement prend pour maîtriser la nouvelle vague de la pandémie».

Elle note avec satisfaction la détermination du Chef du gouvernement à dialoguer avec les principaux partenaires sociaux ainsi qu’avec les partenaires internationaux de la Tunisie, s’agissant des réformes prioritaires à mener.

Toutefois, Mme Kristalina Georgieva a souligné que pour assurer une reprise vigoureuse, «il est crucial de s’appuyer sur un programme de réforme qui serait le produit de ce dialogue et qui s’attaquerait aux principales vulnérabilités et difficultés du pays», notant à cet effet que les recommandations de la récente consultation au titre de l’article IV ont été utiles pour recenser les problèmes à surmonter. Elle a ajouté que les enseignements tirés de programmes antérieurs appuyés par le FMI «pourraient aussi alimenter ce dialogue».

Abordant le programme que le gouvernement compte présenter au FMI, Mme Kristalina Georgieva a clairement souligné qu’elle convient avec Mechichi que «le programme devra accomplir un double objectif : stabiliser l’économie dans l’immédiat et atteindre une croissance durable, respectueuse de l’environnement et riche en emplois à moyen terme». En ce qui concerne les réformes, Mme Kristalina Georgieva est aussi «d’accord avec vous (H. Mechichi) qu’il est crucial de s’attaquer de manière décisive au problème de la soutenabilité des finances publiques et de la dette, d’opérer des réformes ambitieuses des entreprises publiques, de la masse salariale dans la fonction publique et des subventions énergétiques, ainsi que de continuer d’améliorer le climat des affaires, la stabilité du secteur financier et l’inclusion financière, la protection sociale et la gouvernance».

A cet égard, Mme Kristalina Georgieva a indiqué avoir demandé à son équipe d’entamer des entretiens techniques avec les services concernés au sein du gouvernement tunisien et ce dès la réception du programme tunisien de réforme. La directrice générale du FMI a  dit qu’elle serait ravie de discuter avec la délégation tunisienne lors de leur venue à Washington et a affirmé se tenir disposée, «comme toujours, à apporter notre soutien sous la forme d’assistance technique et de formations».

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