En moins de cinq mois, c’est le deuxième ressortissant tunisien qui commet un attentat terroriste sur le sol français. Mais si Brahim Aouissaoui, un migrant de 21 ans qui venait d’arriver en France, avait froidement égorgé trois personnes dans la basilique de Nice le 29 octobre dernier,  Jamel Gorchene, le terroriste du commissariat de Rambouillet, est pour sa part un migrant arrivé en France en 2009 et qui venait de régulariser sa situation. La récurrence des actes terroristes commis par des concitoyens tunisiens écœure les Tunisiens, fait honte à la diaspora et inquiète les autorités. En effet, il est temps de s’interroger sur ce genre de terroristes évoluant hors de nos frontières. Il ne faut pas se suffire d’une coopération entre les services de renseignements tunisiens et français après chaque drame terroriste ou d’ouvrir une instruction à cet effet se limitant à quelques auditions et interpellations de proches ou d’amis des terroristes qui se verront relaxés dans les heures qui suivent leur mise en garde à vue. 

Pourtant, ces migrants, projets de «terroristes en hibernation», présentent des profils très recherchés par les recruteurs de jihadistes. En effet, les convergences et césures socio-politico-spatiales favorisent la radicalisation des migrants, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière. Abandonnés socialement, mal éduqués, dépolitisés, étrangers aux valeurs sociales traditionnelles et manquant de connaissances religieuses sérieuses, ces migrants constituent des proies faciles pour ceux qui leur proposent la reconstruction d’une identité personnelle et sociale à travers un idéal et un «martyre» au nom d’Allah.

C’est pourquoi un travail de prévention contre la radicalisation des Tunisiens à l’étranger est indispensable. C’est une responsabilité qui incombe à l’Etat tunisien aussi. Elle doit se traduire par une stratégie d’encadrement des Tunisiens à l’étranger et des campagnes de sensibilisation en vue de pallier le vide identitaire et les césures socioéconomiques nourris par l’immigration.

Car chaque attentat odieux commis par l’un de nos concitoyens en Europe ne jette pas uniquement l’opprobre sur la communauté tunisienne, mais aussi porte un coup dur à l’image du pays en tant que destination touristique et site d’investissement. C’est pourquoi investir dans l’encadrement et la sensibilisation des Tunisiens à l’étranger, c’est aussi entretenir l’image d’un pays hospitalier, accueillant et où il fait bon vivre.

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